ActualitésFemmes

Afghanistan: une photographe allemande tuée et une journaliste canadienne blessée

Kathy Gannon, qui est originaire de Timmins, en Ontario, est dans un état stable après avoir été traitée par du personnel médical. (Archives/Anja Niedringhaus/AP)
Kathy Gannon, qui est originaire de Timmins, en Ontario, est dans un état stable après avoir été traitée par du personnel médical. (Archives/Anja Niedringhaus/AP)

Anja Niedringghaus, une photographe allemande internationalement reconnue de l’agence américaine Associated Press, a été tuée vendredi par un policier afghan qui a également blessé sa collègue canadienne Kathy Gannon.

Elles ont été prises pour cible alors que les deux femmes couvraient les derniers préparatifs du premier tour de l’élection présidentielle afghane, qui aura lieu samedi.Anja Niedringghaus Dans un communiqué publié sur le site de l’AP, le directeur général, Gary Pruitt, a écrit: «C’est une profession de braves et de passionnés, ceux qui se sont engagés à la mission d’apporter au monde de l’information ce qui est juste, précis et important. Anja Niedringhaus rentrait dans cette définition dans tous les sens. Elle nous manquera terriblement».

Selon un journaliste pigiste de l’agence qui a assisté à la fusillade, la photographe Anja Niedringhaus a été tuée sur le coup, tandis que la journaliste Kathy Gannon a quant à elle été «blessée à deux reprises et recevait des soins».

L’attaque a eu lieu dans la province reculée de Khost, frontalière des zones tribales pakistanaises, et base arrière des insurgés talibans.

Le meurtrier présumé est un «officier de la police nationale», a indiqué Yaqub Mandozai, chef adjoint de la police de Khost. Il a été interpellé et est en train d’être interrogé, a précisé le bureau du gouverneur de la province.
Niedringhaus_AnjaL’attaque a été «fermement condamnée» par le ministère afghan de l’Intérieur, qui a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Si les autorités afghanes tentaient vendredi de faire la lumière sur les circonstances de l’attaque, et évoquaient une possible bavure, l’agence AP soutenait, elle, que ses deux journalistes ont été victimes d’une attaque délibérée.Les deux femmes se trouvaient dans un convoi de travailleurs électoraux livrant les bulletins de vote sous la protection de l’armée nationale afghane et de la police afghane. Alors qu’elles attendaient dans leur voiture, un officier s’est dirigé vers elles en criant «Allah Akbar (Dieu est grand)» et à ouvert le feu avec son AK-47 avant de se rendre.

La ministre d’État aux Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yelich, a déclaré que «le Canada condamne fermement le lâche attentat perpétré aujourd’hui […] Tous les Canadiens se joignent à moi pour dire à la famille, aux amis et aux collègues de ces deux femmes qu’ils sont dans nos pensées et nos prières aujourd’hui. Cet attentat nous rappelle de manière brutale le contexte souvent difficile dans lequel travaillent les journalistes en Afghanistan, qui ont été la cible d’attaques par des insurgés. Le Canada demeure un ardent défenseur de la liberté d’expression partout dans le monde, y compris de la liberté de presse».

C’est la deuxième attaque en moins d’un mois qui vise directement des journalistes occidentaux en Afghanistan. Le 11 mars dernier, le reporter anglo-suédois Nils Horner, était abattu en pleine rue d’une balle dans la tête dans le centre de la capitale Kaboul.

Le 20 mars, le journaliste de l’AFP Sardar Ahmad, sa femme et deux de ses enfants ont aussi été tués dans l’attaque contre l’hôtel Serena, de Kaboul.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *