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Amnesty international : LES RÉSIDENTS DU CAMP D’ASHRAF EN DANGER

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EXTERNE SF 11 U 0724 (MDE 14/047/11) – Londres, le 22 décembre 2011 – Action complémentaire sur l’AU 320/11

IRAK : LES RÉSIDENTS DU CAMP D’ASHRAF EN DANGER

Entre 400 et 800 ressortissants iraniens vivant dans un camp en Irak pourraient être déplacés vers un autre site à la fin de l’année. Leur sécurité pourrait être mise en danger lors du trajet. Amnesty International appelle les autorités irakiennes à garantir la protection de ces personnes.

Le camp Nouvel Irak, anciennement appelé camp d’Ashraf, situé à 60 kilomètres au nord de Bagdad, abrite quelque 3 250 demandeurs d’asile iraniens qui vivent en Irak depuis 25 ans. Ceux-ci ont des liens avec l’Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (PMOI), un groupe d’opposition iranien. Le camp a plusieurs fois été la cible d’attaques menées par les forces de sécurité irakiennes (la dernière remonte à avril dernier), pendant lesquelles des dizaines de résidents ont trouvé la mort et d’autres ont été blessés.

Le 15 décembre, les autorités irakiennes ont publiquement confirmé avoir l’intention de fermer ce camp le 31 décembre prochain. Lors d’un entretien avec l’Agence France Presse, le Premier ministre irakien Nuri al Maliki a informé que cette décision était « irrévocable ».

Le 21 décembre, ce dernier a annoncé avoir accepté de repousser le délai de fermeture du camp à avril 2012, tout en précisant qu’il voulait que les résidents aient quitté l’Irak d’ici là.

Néanmoins, entre 400 et 800 habitants pourraient être temporairement déplacés vers un autre endroit, le camp Liberté, avant la fin de l’année. Entre-temps, les résidents du camp d’Ashraf ont accepté que 400 d’entre eux soient transférés vers ce nouveau site, à condition que certaines mesures soient mises en place pour assurer leur protection. Les représentants du PMOI ont annoncé être prêts à négocier ces mesures et à trouver une solution pacifique pour le reste des habitants avec le gouvernement irakien dès que possible.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé il y a quelque temps qu’il avait reçu un grand nombre de demandes d’asile émises par les résidents du camp et qu’il mettait en place un procédé visant à examiner chaque cas individuellement. Ce procédé n’a pas encore démarré.

ACTION RECOMMANDÉE : lettre prioritaire/ e-mail :
● exhortez les autorités à ne commettre aucune atteinte aux droits humains à l’encontre
des résidents du camp ;
● priez-les instamment de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la
sécurité de ces personnes à tout moment, y compris pendant le déplacement prévu d’une partie
d’entre elles vers le camp Liberté.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 31 DÉCEMBRE 2011. Veuillez passer par l’ambassade d’Irak en demandant
que vos appels soient transmis aux personnes suivantes :

Premier ministre et ministre par intérim de l’Intérieur
Nuri Kamil al Maliki
Convention Centre (Qasr al-Ma’aridh)
Baghdad, Irak
Courriel : info@pmo.iq Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

Président de l’Irak
Jalal Talabani
Convention Centre (Qasr al-Ma’aridh)
Baghdad, Irak
Formule d’appel : Monsieur le Président,

Ministre des Affaires étrangères
Hoshyar Zebari
Convention Centre (Qasr al-Ma’aridh)
Baghdad, Irak
Courriel : hrdep@iraqmfamail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

Ambassade d’Irak :
53 rue de la Faisanderie – 75116 Paris
Tél : 01.45.53.33.70 – Fax : 01.45.53.33.80
Courriel : paremb@iraqmofamail.net Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Ceci est la première mise à jour de l’AU 320/11. Pour plus d’informations :
http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE14/043/2011/fr .

INFORMATIONS GÉNÉRALES
Malgré le fait que les résidents du camp vivent en Irak depuis environ 25 ans, le gouvernement irakien a clairement exprimé, à plusieurs reprises, le souhait qu’ils quittent le pays. En 2009, les autorités leur ont dit qu’ils devaient partir avant le 15 décembre 2009 et qu’en cas de refus, ils seraient déplacés de force en Irak ; elles n’ont néanmoins pas mis leur menace à exécution, la communauté internationale, en particulier les États-Unis et les Nations unies, ayant apparemment fait pression sur elles.

Ce camp a déjà été plusieurs fois la cible d’attaques menées par les forces de sécurité irakiennes et ayant fait des dizaines de morts et de blessés. Plus récemment, le 8 avril 2011, les troupes irakiennes ont pris le camp d’assaut en ayant recours à une force largement excessive ; elles ont notamment ouvert le feu sur les résidents. Trente-six habitants, dont huit femmes, ont été tués et 300 autres blessés. Au moins neuf résidents avaient été tués et d’autres blessés dans une attaque menée par les forces de sécurité irakiennes les 28 et 29 juillet 2009. Quelque 36 résidents qui avaient été placés en détention lors de cette opération ont été détenus pendant plus de deux mois et auraient été victimes de torture avant d’être relâchés le 7 octobre 2009.

À cette époque, le camp d’Ashraf était sous la protection de l’unité des forces américaines en Irak (USF-I) jusqu’en juin 2009, période à laquelle la gestion en a été confiée au gouvernement irakien. Depuis, le camp et ses habitants sont pratiquement assiégés par les troupes irakiennes tandis que le gouvernement fait de plus en plus pression sur eux pour qu’ils quittent le pays, beaucoup d’entre eux appartenant à la PMOI, un groupe d’opposition qui a mené des actions armées contre l’État iranien par le passé avant de renoncer à la violence, il y a quelques années. Des partisans du PMOI ont été autorisés à rester en Irak en tant qu’exilés par l’ancien président irakien, Saddam Hussein, renversé en 2003.

Depuis l’attaque d’avril dernier, les autorités irakiennes ont renforcé leur contrôle du camp si bien que des résidents blessés ou souffrant de pathologies chroniques se voient empêcher de sortir du camp pour obtenir des soins médicaux plus spécialisés que ceux fournis sur place. De plus, selon certaines sources, les forces de sécurité cherchent à empêcher toute communication, y compris téléphonique, entre les habitants du camp et l’extérieur et ont installé des haut-parleurs ; les résidents craignent ainsi qu’elles préparent une nouvelle incursion violente dans le camp.

Face aux pressions exercées par la communauté internationale depuis l’attaque d’avril 2011, le gouvernement irakien a déclaré avoir créé un comité chargé d’enquêter sur cet événement et les homicides ; néanmoins, comme dans d’autres cas où de telles investigations avaient été annoncées, aucun résultat n’a été signalé et on ignore toujours si une véritable enquête a été menée.

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