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Appels au boycott du championnat féminin d’échecs à Téhéran

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Nazi Paikidze-Barnes

L’Iran doit organiser en février 2017 le championnat du monde féminin d’échecs, une première dans la République islamique. Mais Nazi Paikidze-Barnes, une Américano-géorgienne de 22 ans, l’une des meilleures joueuses d’échecs des Etats-Unis, a décidé de boycotter cette compétition parce qu’elle doit, si elle s’y rend, porter le hijab. Elle a même lancé une campagne pour demander que le championnat soit organisé dans un autre pays en affirmant que les femmes en Iran sont traitées comme des citoyens de seconde zone à cause notamment de l’obligation de porter ce voile islamique.

Pour le moment, il n’y a pas de réaction officielle de la part des autorités iraniennes sur l’appel de la joueuse d’échec américaine à annuler l’organisation de la compétition en Iran.

Selon la loi islamique en vigueur en Iran, depuis la révolution de 1979, toutes les femmes, qu’elles soient iraniennes ou étrangères et quelle que soit leur religion, doivent porter le voile. Ainsi, toutes les joueuses étrangères qui viendront participer à ce championnat, devront porter le foulard. C’est ce qui a poussé la joueuse Américano-géorgienne à boycotter l’événement. Selon les responsables de la fédération iranienne d’échecs, 64 joueuses de 26 pays sont attendues à Téhéran en février prochain.

Après la révolution de 1979, les échecs avaient été interdits avant d’être de nouveau autorisées dix ans plus tard. C’est le fondateur de la République islamique, l’ayatollah Khomeini qui avait publié une fatwa à la fin des années 80 pour autoriser de nouveau les échecs.

De son côté, La Commission des femmes du Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI) a condamné l’octroi de l’organisation du Championnat du monde féminin d’échecs à l’Iran “sous la dictature religieuse des mollahs.” Elle a exhorté la Fédération internationale des échecs (FIDE) à annuler sa décision.

“L’octroi du Championnat du monde féminin d’échecs au régime théocratique revient à approuver et accepter la répression des Iraniennes. Comble de l’insolence, les dirigeants fondamentalistes veulent contraindre, outre les Iraniennes, les joueuses d’autres pays à porter l’hijab,” affirme le communiqué du CNRI.

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