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Struan Stevenson :  Un massacre brutal de civils sans armes au camp d’Achraf en Irak

Communiqué de presse – 1er septembre 2013

La conséquence prévisible de l’échec de l’Occident à agir en Syrie s’est manifestée la nuit dernière dans un massacre brutal de civils sans armes au camp d’Achraf en Irak. Vers minuit samedi 31 août, plusieurs bataillons de l’armée et des forces spéciales SWAT irakiennes, agissant directement sur les ordres du premier ministre Nouri al-Maliki, ont pris d’assaut le camp plongé dans le noir. struan-stevensonDes roquettes anti-char et des mortiers ont été tirés dans les quartiers résidentiels du camp de réfugié et les habitants en fuite ont été ensuite mitraillés. Jusqu’à présent, on a relevé 44 morts et des dizaines de blessés graves. Au moins 5 habitants, dont une femme, ont été menottés et ensuite sommairement exécutés en étant abattus d’une balle dans la tête. Des blessés et d’autres survivants ont été enlevés. Le massacre systématique a continué dimanche 1er septembre pendant plusieurs heures et malgré les demandes répétées de l’intervention de l’ONU ou des États-Unis, il y a eu un silence et une inaction absolus de la part des deux.

De nombreux parlementaires, congressmen, sénateurs et d’importantes figures judiciaires et militaires en Europe et en Amérique mettent en garde depuis des mois qu’un massacre est imminent. Cent résidents civils étaient restés à Achraf suite au transfert involontaire de plus de 3000 réfugiés dans un minuscule coin d’une ancienne base militaire américaine appelée camp Liberty, près de l’aéroport de Bagdad.

Les réfugiés, dont de nombreuses femmes, sont des opposants iraniens, haïs par le régime fasciste des mollahs à Téhéran. Ils ont été encouragés à quitter Achraf, leur foyer pendant plus de 30 ans, sur un engagement de l’ONU et des États-Unis qu’ils seraient rapidement transférés vers des pays tiers en toute sécurité. Ils sont maintenant incarcérés dans des conditions effroyables, décrites par un Groupe de travail de l’ONU comme «semblables à celle d’une prison » depuis plus de deux ans, alors que seule une poignée de résidents ont pu être transférés.

Dans le même temps, en vertu d’un accord de l’ONU et des États-Unis, 100 habitants étaient restés dans le camp d’Achraf pour négocier en sûreté le traitement de leurs biens meubles et immeubles évalués à plusieurs millions de dollars. Les avocats engagés par les habitants d’Achraf pour négocier la vente de leurs biens ont été menacés par le régime irakien et terrorisés, pendant que le premier ministre al-Maliki, agissant sur les instructions de ses parrains à Téhéran, a coupé l’approvisionnement en eau, nourriture et électricité du camp dans une tentative de chasser les résidents restants pour piller leurs biens.

En fin de semaine dernière, des rapports de renseignement venant de l’intérieur d’Iran ont clairement fait comprendre que les mollahs voyaient la crise syrienne et l’inefficacité de l’Occident comme une couverture idéale pour une frappe brutale. Malgré les avertissements au secrétaire d’État américain John Kerry et à d’autres sur le caractère inévitable d’une attaque, aucune action n’a été entreprise pour protéger les hommes et femmes sans armes d’Achraf, qui ont à présent payé de leur vie.

Ayant atteint leurs objectifs à Achraf pendant que l’Occident continue de se chamailler et d’hésiter sur la crise syrienne, nous pouvons maintenant nous attendre à une action préventive similaire contre les 3000 habitants du camp Liberty. Bien qu’ils soient sous la protection supposée de l’ONU, ces réfugiés ont subi à deux reprises des attaques à la roquette brutales faisant plus d’une dizaine de tués. Le secrétaire d’État Kerry a également souligné que le régime iranien est derrière ces attaques.

Alors que Ban Ki-moon, Ashton et Obama se tordent les mains dans une impuissance peu convaincante, le massacre des innocents continuera rapidement. Téhéran et Bagdad soutiennent tous deux le cruel régime d’Assad en Syrie et doivent ensemble se frotter les mains de joie que l’Occident puisse tout simplement ignorer le gazage de plus de 1400 personnes à Damas et les écoliers brûlés au napalm à Alep. Quelle couverture parfaite pour leur propre assaut brutal contre Achraf. Ignorer cette attaque criminelle et barbare contre Achraf reviendra à donner le feu vert à un massacre généralisé au camp Liberty. L’agonie d’Achraf aurait pu être évitée si l’Occident avait écouté les avertissements. La liquidation de Liberty suivra à moins que nous demandions dès à présent des comptes à Maliki et ses parrains iraniens.

Struan Stevenson, eurodéputé

Président de la Délégation du Parlement Européen pour les Relations avec l’Irak

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