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Au bout de la corde

Dix huit cordes par semaine ! Jolie performance. Tel est le résultat d’un régime épouvantable.

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PAR JEAN-PAUL BOURGÈS

Lorsque Hassan ROHANI fut élu, il y a presque deux ans, pour succéder à Mahmoud AHMANDINEJAD, chacun se congratula de voir un mollah souriant et replet accéder à la présidence de la République Islamique d’Iran. Tout allait bien. On allait rapidement trouver un accord sur la question nucléaire qui permettrait à l’Iran d’accéder au nucléaire civil pour produire de l’électricité … sans jamais disposer des moyens nécessaires pour fabriquer une bombe atomique. On allait, enfin, pouvoir retrouver avec l’Iran des relations économiques normales. On importerait du pétrole … et, peut-être même, du caviar de la Caspienne. On exporterait des voitures et le parc de véhicules ayant beaucoup vieilli en Iran du fait de la misère qui s’y est abattue, il y avait là des années de production à écouler. En clair tout allait merveilleusement bien.

Des esprits originaux dans nos pays … chacun a ses fous … évoquaient timidement la nécessité d’une libéralisation conduisant à la libération de nombreux prisonniers politiques et un arrêt des condamnations à mort. Il ne fallait pas, pour autant, imaginer une arrivée au pouvoir des résistants du CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne) car la laïcité c’est bon pour nous et encore … mais, depuis « Les lettres persanes », on sait bien que les choses sont très différentes à Paris et à Ispahan.

Cette étrange construction mentale, dictée par ce mélange de lâcheté et de naïveté qui nous caractérise, se brise sur une réalité qui s’appelle l’exacerbation de la répression contre tous ceux qui ne rampent pas devant les mollahs et la poursuite imperturbable du programme nucléaire iranien dans un contexte de lutte impitoyable entre Sunnisme et Chiisme dans cette partie du monde dont l’Arabie Saoudite et l’Iran sont les deux chefs de file omniprésents en Irak, en Syrie, au Yémen, au Liban, et à Gaza.

L’Iran s’enfonce dans son extrémisme dont la première victime est son peuple … mais, de ça, qui s’en soucie ?… nous aurons à porter très longtemps les conséquences de notre muette complicité devant les crimes qui sont commis, au rythme de cinq pendus tous les deux jours … sans que l’on entende des protestations, ni des pouvoirs publics, ni des forces politiques.

pieds-pendus-IranNous ne pourrons pas éternellement voir les pieds des pendus … puis, vite, détourner le regard.

Jean-Paul BOURGÈS 10 mars 2015

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