ActualitésFemmes

CAMEROUN:COMMENT LE DÉVELOPPEMENT TECHNIQUE BOUSCULE LES HABITUDES CULTURELLES ET CULINAIRES CHEZ LES FEMMES D’AFRIQUE EN MINIATURE ! :: CAMEROON

Qui a fait à la fois zone rurale et zone urbaine sait combien de fois il était très difficile de demander aux enfants citadins venus passer les vacances au village d’écraser sur la pierre l’oignon ou lLydie_Seuleu030509500e piment ou le maïs frais. Sous le regard narquois des enfants dits du village, celles de la ville disaient être maltraitées par leurs grandes mères. Ces dernières pour se justifier, rappelaient le soir autour du feu comment elles écrasaient le mais sec des heures durant sur la pierre ou devaient à longue de journée piler en tamisant le manioc sec appelé nationalement le foufou, mets très brisé dans plusieurs contrées d’Afrique en miniature.

Il se racontait qu’à l’époque de nos grandes mères, pour cuire le maïs, l’algorithme culinaire consistait à l’écraser longtemps, pendant des heures durant; Ensuite, elles le tamisaient afin de séparer les gros morceaux des petits (état farineux). Les gros morceaux appelés « son » ou « gajelé » en plusieurs langues nationales Bamiléké étaient ensuite lavés afin de séparer la pulpe. Après que la pulpe fut séparée, elles passèrent à l’étape de la cuisson qui durait aussi des heures afin de ramollir, ici la rendre comme une bouillie; Après cette étape, les petits (la farine) y étaient ajoutés tout en le tournant dans la marmite posée sur un foyer tendant à 100°c avec une certaine grande vitesse v afin qu’il n’y a pas de grumeaux.

Pour le cas du foufou, l’algorithme culinaire consistait à nettoyer le manioc, le tremper dans une marmite d’eau pendant quelques jours, puis le séparer de l’eau et l’étaler au soleil pendant plusieurs jours jusqu’à élimination totale de son contenu en eau; Au moment de la cuisson, les femmes devraient piler les morceaux de manioc sec, puis tamiser ensuite piller et tamiser jusqu’à ce que les morceaux de manioc deviennent de la farine. Cette étape terminée les mamans devaient les tamiser une dernière fois afin de séparer les petites tiges qui se sont échappées des coups de pilon afin que le foufou soit lis comme un ver de terre.

Ces deux algorithmes culinaires ancestraux avaient leurs avantages que les femmes et leurs filles travaillent en équipe dans les cours ou dans les concessions polygamiques. L’activité piler-et-tamiser ou d’écraser des longues heures étaient une autre forme de sport inconsciente, avec pour seul désavantage que le temps y consacré était très long, empêchant de faire autre chose parallèlement le jour d’écraser sur la pierre.

De plus en plus les machines à écraser le maïs ou le manioc ou les condiments se sont installées dans les grandes métropoles ; Les enfants d’hier frustrés par leurs égaux du village y ont importé progressivement ces machines jusqu’au nez des grandes mères vivant en zone rurale.

En zone rurale comme en zone urbaine, les premières machines à écraser avaient été fabriquées à l’image de l’algorithme ancestral; Le maïs écrasé était composé de petits morceaux et de gros morceaux. Ce qui faisait que l’art pré-culinaire n’avait pas changé (tamiser ensuite laver le « son », puis ramollir en cuisant sous forte température tout en rotant un long pilon dans la marmite bouillonnante);

De nos jours, ces machines sont devenues plus que performantes au point où des femmes rurales rencontrées sur le terrain disent ne plus être à mesure de faire du bon couscous de maïs ou de manioc; Beaucoup piaffent dès le moment de tamiser jusqu’au moment de passer à la cuisson; tout en critiquant ces machines qui ne leur donne plus le „
« son »; M’étant rendue compte que les femmes piaffaient autour de moi, je m’y suis approchée de plusieurs d’elles au village, toutes disent que le couscous n’est plus bon comme avant.

Parlant des épices de nos forêts, beaucoup se plaignent de ces femmes qui sans aucun know-how ancestral ne les vendent qu’à l’état de poudre dont les différentes écorces sont mal dosées dans la composition.

Celles des jeunes filles de la ville qui n’ont pas été initiées par leur maman à sélectionner les épices du taro ou du cui ou du Mbongo ne comprennent absolument rien. Conséquence, certains hommes considèrent ces jeunes filles non aptes à se marier. Cela est entre autre la raison de rencontrer plusieurs filles âgées de plus de 30 ans sans mari, tout simplement parce qu’elles ne savent pas faire les mets de chez nous. Ces filles sont la plupart nées entre 1980 et 1990 ; Elle accusent pour la plupart leur maman de les avoir occidentalisé de l’intérieur de la tête jusqu’à la moelle épinière.

Dans un des villages il se racontait que des pères furent hospitalisés non loin de leur lieu de résidence et moururent de faim comme des coqs l’un après l’autre parce que leurs filles n’étaient pas à mesure de préparer leurs mets traditionnels préférés.

Bref, beaucoup d’hommes ont faim ! Beaucoup de femmes ne savent pas préparer ! Même les hommes qui font le tour des maisons disent être à la recherche de celle qui puisse leur faire un bon plat traditionnel.

Dans les villages, il se raconte que les médias ont trompé les femmes en ce qui concerne le slogan mondial baptisé « l’émancipation de la femmes africaine» qui veut dire qu’elles ne préparent plus et que l’homme doit faire désormais la cuisine ! Et lorsqu’il y a une exigence de l’homme à sa femme de faire la cuisine, alors « Divorce ! Et hop ! Au tribunal : Mr le procureur cet homme me perd du temps, je veux le divorce tout suite…»
Suite des conséquences, avec du temps, il se crée une forme de jalousie extrême entre les femmes rurales dont les filles sont mariées et celles dites urbaines et occidentalisées dont les filles sont restées célibataires à cause de cet handicap culinaire.

Autre conséquence, bien que l’énergie électrique ait eu à remplacer la force physique des femmes en Afrique en miniature, lorsque l’électricité s’engage à se couper comme un ver de terre qui a reçu une dose de sel, pendant des heures, plusieurs femmes ont du mal à retourner à la pratique ancestrale; certaines ayant un peu plus de temps, sont obligées d’y retourner afin de pouvoir nourrir leurs enfants à la sortie des classes de 15h:30 min.

Il est même à se demander, à quoi sert donc ce développement technique qui bien pensé pour rendre les tâches ménagères moins pénibles !?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *