ActualitésFemmes

CINEMA: No Land’s Song, solidarité internationale des chanteuses contre la censure des mollahs en Iran?

FLL a été invitée à prendre partie à la première de No Land’s Song, au cinéma L’Arlequin (Paris 6ème) le 16 mars 2016. Une délégation représentant l’association avait déjà participé, le 23 février à la dernière projection de presse du film, mais cela n’a pas empêché une deuxième présence, qui se multiplie désormais, à l’occasion des invitations reçues aux projections régionales accompagnées des débats sur la situation des femmes en Iran.
Le film franco-iranien réalisé par Ayat Najafi, suit le parcours d’une jeune compositrice – sa soeur, Sara Najafi (première femme diplômée en composition musicale en Iran) – qui tente d’organiser, à Téhéran et avec l’aide de trois chanteuses venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), un concert sans voix masculines. Un documentaire – thriller dont le sujet pourrait se résumer ainsi : la solidarité internationale des chanteuses aura-t-elle raison des sinistres préceptes des mollahs iraniens ?
Très informées sur la condition des femmes en Iran, nous espérions que des vérités apparaîtraient enfin. Nous ne cessons de dénoncer la répression féroce subie par les femmes en Iran, le code vestimentaire, les tortures et les exécutions ; les arrestations arbitraires, la ségrégation inscrite dans la constitution. Nous craignions que ce film présente une image tranquille des dictateurs iraniens – Eh bien : Il n’en est rien –
Le choix du documentaire est judicieux. Il faut voir plusieurs fois ce film pour déceler des détails qui montrent une société iranienne, certes muselée, mais nostalgique de la liberté perdue et comme en attente d’un avenir plus joyeux.
In Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n’ont plus le droit de chanter au public, en tant que solistes. Une jeune compositrice ; Sara Najafi, avec l’aide d’artistes venues de France, va braver censure et tabou pour tenter d’organiser un concert de chanteuses solo.
Cette aventure a duré plus de deux ans pour aboutir à un concert, à l’opéra de Téhéran, le 19 septembre 2013.
Ces femmes résistent à l’oppression avec leur seule arme : la musique et le chant, « expression par excellence d’un corps féminin que ce régime n’a de cesse de combattre », dixit le réalisateur Ayat Najafi, frère de la compositrice.
Nous avons trouvé ce film excellent et des plus toniques, pourtant il nous vient d’un pays où se pratique la plus féroce dictature religieuse. Il permet d’espérer un meilleur avenir pour les femmes iraniennes.
Sara a choisi comme ligne musicale du film le chant traditionnel révolutionnaire Oiseau de l’Aube (Morg-e-sahar) ; le chant sous-entend qu’il est aussi absurde, voire criminel de priver les femmes de chanter que de condamner le chant des oiseaux.
Lorsque Sara se présente devant un mollah pour solliciter le droit d’organiser un concert avec des femmes, iraniennes et françaises, elle est triste, apparemment naïve, enfermée dans la tenue réglementaire, noire. Elle pose des questions simples concernant la voix des femmes qui serait, selon ce vieux religieux, préjudiciable à l’homme ! Pas une seconde, il ne regarde dans les yeux, cette jeune femme. Il donne l’impression d’être aveugle et sourd, ses arguments pour justifier l’interdiction ; en public, des voix des femmes, sont fallacieux et consternants. DK

Capture1

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *