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Comment réaliser un rêve: devenir musicienne professionnelle

Derière elle une expérience professionelle unique et brillante, Geneviève Balland, amie de longue date de FLL, partage son expérience avec FLL…

 

Qui suis-je ?

Une musicienne classique professionnelle à la retraite. Pendant 40 ans j’ai fait partie d’un orchestre prestigieux à Paris.

Mes premiers pas

En une époque très lointaine, j’ai eu 25 ans ! J’avais alors déjà obtenu mon prix au Conservatoire Nationale de Paris et fait une expérience de musicienne d’orchestre à Strasbourg (sans compter un 1er prix au conservatoire de Reims). Alors, je me sens prête à postuler pour une place au sein d’un grand orchestre Parisien, mon rêve…

Premier obstacle

Voilà que j’apprends qu’il existe un quota de 20% pour les femmes et qu’il est déjà atteint. Je suis déçue et en colère. A l’époque, il était admis qu’une femme, même talentueuse ne pourrait jamais égaler un homme. D’où ce « compliment » : «mademoiselle, bravo, vous jouer comme un homme ». Faut-il vraiment dire merci ?

Comment on devient rebelle

Comme maintenant, il est évident qu’il n’y aura plus que des hommes pour se présenter aux prochains concours d’entrée, je décide de me présenter quand-même en signe de protestation. Rien ni personne ne pourra m’en empêcher. Ma colère et mon indignation me soutiendront le moment venu. En attendant, on se calme et on travaille d’arrache-pied.

Le Grand Jour. Concours

Quand j’entre en coulisses pour me « mettre en doigts » et concourir la grande crise de misogynie éclate : une femme a OSE. Tout le répertoire machiste me tombe dessous. Et pourquoi fais-tu cette c…rie ?

Je la fais au nom de la liberté et de l’égalité qui, vous le savez peut-être font partie de nos principes fondamentaux. (A l’évidence, la Fraternité peut attendre !…)

L’épreuve

Pour la première et dernière fois de ma vie, je joue sans trac car pour moi ce n’est qu’une comédie. Dans notre jargon, ça s’appelle « être soliste en chambre » : Nous le sommes tous quand il n’y a pas de public puis je rentre chez moi, sans illusion et assez contente de mon coup d’éclat.

La divine surprise

La semaine suivante, en prenant mon courrier, je vois une grande enveloppe à l’entête de Radio France : Le Président du Jury me félicite car je suis en tête de liste avec de nombreux points d’avance sur le candidat suivant. Je dois prendre mon poste le plus vite possible. C’est le dernier acte : me présenter devant un orchestre de 120 musiciens.

Ma deuxième vie commence.

Geneviève Balland, à droite de Sir Jeffrey Tate, chef célèbre du Royal Opera de Londres, au passage à Paris

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