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Davos : Inga Beale parle du sous-emploi des femmes dans le monde des affaires

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Inga BealeLe rôle que la femme peut jouer pour relever les défis de l’économie mondiale a été évoqué avec insistance au Forum économique mondial de Davos en Suisse. Les femmes ne sont qu’environ 17% des quelques 2.500 leaders qui se réunissent chaque année à Davos pour étoffer leur réseau et parler des grands problèmes du monde. Le chiffre augmente régulièrement, mais suscite chaque année des critiques. Pour cette 45e édition, les organisateurs ont prévu un débat inédit sur la “dividende de la diversité”, abordant notamment les conséquences du sous-emploi des femmes dans le monde des affaires.

Dans un point de presse, Inga Beale, patronne des Lloyd’s, a affirmé qu’avoir plus de femmes dans le monde du travail est “bon pour les affaires”. Pour elle, ce qui se passe à Davos “reflète ce qui se passe dans le reste du monde des affaires”. Première femme à la tête d’une institution vieille de 325 ans ; les Lloyd’s de Londres ; monument du secteur des assurances ; Inga Beale a notamment affirmé que le mouvement vers la parité ne relève pas que d’un idéal égalitaire ou social. « Il y a aussi de très claires justifications économiques, a-t-elle expliqué. Les secteurs d’activité où il y a le plus de diversité dans l’encadrement et au conseil d’administration ont de meilleurs résultats, déclare-elle ; il y a toute une population dans laquelle nous devons puiser. Les économistes ont étudié cette population délaissée et estiment que le PIB des Etats-Unis augmenterait de 5 pour cent si elle était employée.»

A la question de savoir si elle a elle-même, fait face à des difficultés pour se faire sa place, elle répond : le marché de l’assurance londonien est “complètement déconnecté”, même par rapport à l’environnement déjà très masculin des conseils d’administration de Londres, avec seulement 4% de femmes aux postes de responsabilité. “Quand ils m’ont choisi comme PDG, poursuit-elle, j’avais probablement toutes les qualités requises: expérience internationale dans le secteur, j’avais dirigé des entreprises. Toutefois, en tant que femme, vous devez être très déterminée, et pouvoir ignorer certaines choses qui vous arrivent pour continuer ; il y a eu des moments où je me suis demandé: dois-je la reconnaissance dont je bénéficie à mon travail, ou au fait que je suis une femme ? ”
Pour Inga Beale, le plus gros défi à relever est celui qu’elle appelle la discrimination « inconsciente » qui, selon elle, fonctionne dans tous les sens. “Je me souviens, au cours de ma carrière, je me suis retrouvée à la tête d’une équipe largement féminine”, a-t-elle reconnu. “Je n’avais pas décidé d’embaucher des femmes. C’était inconscient, mais en fait, peut-être que vous finissez par recruter des gens qui vous ressemblent. Quand j’ai réalisé cela, c’était il y a 20 ans, je me suis dit: Je dois embaucher en conscience des gens qui ne sont pas comme moi”.

Signalons qu’en marge du Forum économique de Davos, l’actrice Emma Watson, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le président rwandais Paul Kagame, le patron d’Unilever Pol Polman, entre autres, ont lancé vendredi une nouvelle initiative pour la promotion des femmes dans la vie active.

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