Camp Liberty

Des députés européens dénoncent l’attaque d’un camp de réfugiés iraniens en Irak .

clip_image002AFP, 18 juin – Plus de 300 députés européens ont dénoncé mardi l’attaque survenue samedi près de Bagdad d’un camp hébergeant des Moudjahidine du peuple, un groupe d’opposition iranien, et exigé leur retour dans un camp mieux protégé.

“La récente attaque terroriste survenue le 15 juin, qui a fait deux morts et plus de 70 blessés, a prouvé une fois de plus que la question la plus urgente est maintenant la sécurité et la sûreté des 3.100 personnes prises au piège dans le camp Liberty” près de Bagdad, a affirmé l’eurodéputé conservateur écossais Struan Stevenson, président de l’intergroupe des Amis d’un Iran libre, et signataire de l’appel des 300 députés européens.

Tant que le départ d’Irak de ces opposants iraniens n’est pas acquis, “la seule solution pratique est de les renvoyer vers le camp d’Achraf”, situé à 80 km au nord-est de Bagdad, où résidaient les Moudjahidine avant leur transfert vers Camp Liberty, a demandé M. Stevenson dans un communiqué. Le camp d’Achraf, protégé par de hauts murs, est mieux adapté pour résister à des attaques extérieures.

Selon l’eurodéputé écossais, l’attaque contre le Camp Liberty a été menée par des Gardiens de la Révolution iraniens “en coordination avec les forces de sécurité du gouvernement irakien”. “Cette atrocité a été planifiée pour coïncider avec la mascarade d’élection présidentielle du régime iranien”, a affirmé M. Stevenson.

Dans leur appel, les 300 eurodéputés ont également dénoncé “le silence” de la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, et des États membres de l’UE qu’ils ont accusé “d’inaction” face au “programme d’assassinat et d’agression” du régime iranien et du gouvernement irakien.

La publication de l’appel coïncide avec une visite de Mme Ashton en Irak.

Quelque 3.000 opposants iraniens vivent dans le camp Liberty, une ancienne base de l’armée américaine située près de Bagdad et déjà ciblée par une attaque meurtrière en février.

“Cette violence tragique a eu lieu en dépit de nos appels répétés au gouvernement irakien pour fournir au camp Liberty et à ses résidents des mesures de protection”, a déploré Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Irak, après l’attaque survenue samedi. M. Kobler a assuré avoir demandé aux Irakiens la construction de murs en béton pour protéger le camp des explosions.

“Aucun des agents de Martin Kobler n’était présent sur place et leur absence en ce moment tragique soulève des questions”, ont rétorqué dans un communiqué les membres de l’opposition iranienne réunis au sein du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Chassé d’Iran dans les années 1980 et accueillis en Irak par l’ex-président Saddam Hussein, les Moudjahidine du peuple doivent prochainement quitter le pays en vertu d’un accord entre l’ONU et Bagdad. Mais les départs se font au compte-goutte. Lors du dernier départ en date, en mai, 14 résidents de Liberty sont partis en mai pour l’Albanie, qui a accepté d’accueillir à terme plus de 200 Moudjahidine du peuple.

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