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Des experts de l’ONU: régime Iranien continue à exécuter à une allure pesante

filesLes Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, les exécutions sommaires, la torture et la violence faite aux femmes ont exprimé leurs inquiétude sur la montée des exécutions actuellement  dans le pays, qui inclue la récente pendaison dans des circonstances douteuses d’une femme mariée très jeune.

Mme Farzaneh Moradi, dont on rapporte le mariage forcé à l’âge de 15 ans, a été pendue le 4 mars 2014, à la prison d’Ispahan après avoir été jugée pour le meurtre de son mari. Elle avait d’abord avoué le meurtre il y a six ans, avant d’expliquer lus tard qu’il avait été commis par un homme l’ayant convaincue d’avouer le crime, la persuadant qu’une jeune mère ne serait pas exécutée. Le tribunal ne lui aurait pas permis de réviser ses premiers aveux.

« C’est encore un cas d’une grande gravité qui démontre la nécessité d’un moratoire immédiat sur la peine de mort dans la République islamique d’Iran », a déclaré le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran, Ahmed Shaheed, soulignant sa grave préoccupation sur les garanties de procédure régulière et d’un procès équitable dans cette affaire et d’autres.

« Le gouvernement continue d’exécuter des individus à un rythme effarant, malgré de sérieuses questions sur les normes de procès équitable », a déclaré le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns.

« Dans ce cas, la défenderesse aurait été forcée de se marier à l’adolescence et a affirmé avoir été poussée à avouer un crime qu’elle n’avait pas commis », a-t-il noté. « Pourtant, l’exécution a apparemment eu lieu sans qu’une attention particulière soit portée à ces circonstances et ces déclarations troublantes ».

176 personnes au moins ont été pendues en Iran en 2014 seulement, dans ce qui semble être un taux en constante augmentation depuis l’été 2013. La plupart de ces exécutions ont eu lieu pour des infractions liées à la drogue, en violation des dispositions légales internationales, limitant l’autorisation de la peine capitale pour les crimes « les plus graves».

« Mme Moradi était déjà victime avant d’être pendue. Elle a été mariée enfant et apparemment ne pouvait échapper à son mariage en raison des normes culturelles et des obstacles juridiques pour divorcer en Iran », a souligné Rashida Manjoo, la Rapporteure spéciale sur la violence faite aux femmes, ses causes et ses conséquences.

« Elle semble avoir été victime du système une fois de plus, le payant de sa vie, cette fois », dit-elle. « Le gouvernement devrait remplir ses obligations d’assurer une protection aux femmes et aux enfants, entre autres. »

Le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez, a ajouté : « La cruauté de cette exécution à la lumière d’aveux apparemment forcés est particulièrement profonde et injuste ».
Les experts de l’ONU exhortent à nouveau le gouvernement iranien à « tenir compte des appels de la communauté internationale à décréter un moratoire sur les exécutions. » Ils se disent choqués par leur montée constante et par les récentes déclarations d’autorités iraniennes affirmant que les exécutions commises par le gouvernement à ce jour sont un « grand service rendu à l’humanité ».

Déjà le 21 janvier 2014, les rapporteurs spéciaux sur la situation des droits de l’homme en Iran et sur les exécutions sommaires avaient demandé au gouvernement iranien de limiter de toute urgence les exécutions à la lumière d’une recrudescence récente des pendaisons et en raison de préoccupations sur les procédures régulières et le recours constant aux exécutions pour des délits ne correspondant pas aux normes « les plus graves » selon le droit international.

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