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Iran: Où en est-on sur l’égalité homme-femme en politique et en économie?

Le régime iranien se classe au 137e rang sur 145 pays en termes d’égalité entre les sexes et de participation politique des femmes, et 141e en termes de participation des femmes à la vie économique.

L’agence de presse officielle ISNA rapporte les déclarations d’un responsable de la direction des affaires des femmes et de la famille à la présidence de la république en décembre 2015 et a publié le tableau suivant.

Critère de participation politique
Critère ordre points moyen femmes hommes
participation politique 137 0.037 0.23
femmes au parlement (%) 139 0.03 0.27 3 97
femmes aux postes ministrielles (%) 114 0.11 0.24 10 90
années d’occupation des positions exécutives importantes (pendant les 50 dernières  années) 64 0 0.2 0 50

Falahati a reconnu que, par rapport aux pays de la région comme l’Azerbaïdjan, la Turquie, l’Arabie Saoudite et Oman, l’Iran se classe à un niveau inférieur, et d’un point de vue économique et politique, il se classe encore plus bas que le Tchad.

Il a ajouté : Aux Émirats arabes unis, la participation des femmes au parlement est de 18 % alors que leur participation au niveau ministériel est de 17 %. En Arabie saoudite, la participation des femmes au parlement est de 20% et au Pakistan de 21%.

Dans ce rapport, nous examinerons un autre aspect de la participation politique des femmes, notamment dans l’administration des villes et des provinces.

Les statistiques reflètent la simple vérité

Dans l’administration des villes et des provinces iraniennes, les femmes ne détiennent que 13 des 2653 postes de gouverneurs provinciaux, gouverneurs, gouverneurs de district et maires. Les statistiques sont les suivantes:

– Nombre de femmes gouverneurs de province (ostandar) : 0 sur 31

(Site Raja News – 6 mars 2014)

– Nombre de femmes gouverneurs (farmandar) : 4 sur 440 (environ 0,9%)

(Site Ham Ava – 19 avril 2015)

– Nombre de femmes maires : 2 maires

Ces deux maires, sur un total de 1148 maires, dirigent le bourg de Louleman dans la province de Guilan et la bourgade de Kalat dans la province du Sistan-Balouchistan, qui ne sont même pas inscrites dans la liste des villes.

(Agence Mehr – 15 décembre 2013)

– Nombre de femmes gouverneurs de district (bakhshdar): 7 sur 1034

Deux d’entre elles ont surmonté avec peine la discrimination d’Etat.

(Site Ham Ava – 19 avril 2015)

L’an dernier, le gouverneur provincial du Khouzistan, Abdol-Hassan Moghtada’i, avait annoncé huit femmes gouverneurs de district, mais peu de temps après « à la suite de plaintes du clergé », elles avaient été suspendues et finalement seules deux d’entre elles avaient obtenu les postes.

(Site Tabnak – 17 décembre 2015)

 

Participation des femmes aux conseils municipaux

La participation des femmes aux conseils municipaux ne fait pas mieux.

La commission des femmes du CNRI a étudié et compilé les données disponibles sur la participation des femmes à 65 conseils municipaux en Iran, y compris toutes les capitales provinciales. Cette étude peut se résumer comme suit :

Sur un total de 65 villes, 93 femmes sont membres de conseils municipaux, contre 631 hommes. C’est une maigre participation de 12,02%.

Dans seize des 65 villes étudiées, il n’y a pas de femmes dans les conseils municipaux. Ceux-ci incluent les villes de Sari, Birjand, Ghaemchahr, Choushtar, Marvdacht, Meshkinchahr, Maybod, Jahrom, Damghan, Roudsar, Lahijan, Zarand et Sabzevar.

Il n’y a qu’une seule conseillère municipale dans 21 villes dont Ispahan, Racht, Sanandaj, Chiraz, Machad, Hamedan, Arak, Ardebil, Ilam, Khorramabad, Saqqez, Kachmar, Malayer, Mahabad et Miyaneh.

Il n’y a que trois femmes dans le conseil municipal de 31 membres de Téhéran.

Parmi les 21 conseillers municipaux de Tabriz, on ne compte que trois femmes, dont deux (Elmira Khamachi et Akram Hazrati) ont passé un certain temps derrière les barreaux en raison de leur opposition aux plans des gardiens de la révolution (les pasdaran).

Elmira Khamachi (photo de droite) a été incarcérée trois mois en isolement sous la torture dans une prison des pasdaran. Elle a finalement été libérée sous caution à la mi-juin 2016 avant de retourner siéger au conseil.

Le refus de Mme Khamachi de porter le tchador, voile noir de la tête aux pieds, pour rencontrer le mollah Mohsen Mojtahed Shabestari, l’imam de la prière du vendredi de Tabriz, avait alors déclenché de nombreux avertissements des services de renseignement des pasdaran. Avec cinq autres membres du conseil municipal, Elmira Khamachi s’était aussi opposée à la relégation de la Voie Express à la garnison Khatam-ol Anbia des Pasdaran et à leurs plans économiques.

Conclusion

De toute évidence, le régime intégriste en Iran a enchaîné la société avec sa misogynie. Il est incapable de manœuvrer sur la question de l’égalité des femmes et de leur participation active au leadership politique.

Non seulement les femmes n’ont pas de rôle important dans l’administration des villes, mais elles sont soumises à la ségrégation sexuelle, à l’exclusion du marché du l’emploi et à l’expulsion du travail, même dans les professions les plus simples.

En juillet 2014, la municipalité de Téhéran a publié une directive sur l’élimination des femmes de nombreux postes de la municipalité. La directive soulignait que tous les cadres supérieurs et les cadres moyens devaient employer des hommes comme chefs de bureau, secrétaires, opérateurs téléphoniques, dactylos, etc. Certains responsables ont publiquement qualifié la mesure de ségrégation sexuelle, mais elle a été approuvée par la majorité des autorités politiques et religieuses. La majorité des imams du vendredi ont appelé l’ensemble des municipalités à suivre l’exemple de la municipalité de Téhéran en la matière.

De toute évidence, la politique intégriste du régime iranien est d’exclure les femmes de la société et de les faire rentrer dans leur foyer. Il est pour l’instant contraint d’accepter la faible participation actuelle des femmes à la vie sociale, politique et économique.

En septembre, Ali Khamenei, le guide suprême des mollahs, a déclaré que la politique générale de l’Etat sur la «famille» est inscrite dans la Constitution du pays. Aux articles 12 et 16, le rôle des femmes a été décrit comme suit :

  • Soutenir le rôle honorable des femmes en matière de maternité et d’entretien ménager.
  • Créer les mécanismes nécessaires pour améliorer de manière globale la santé des familles, en particulier la reproduction saine des femmes et l’augmentation du taux de fécondité.

Kobra Khaz-Ali, directrice du Conseil social et culturel des femmes en Iran, a déclaré: « Puisque les filles sont matures à l’âge de 9 ans, la scolarité doit être condensée pour que les jeunes puissent obtenir leur baccalauréat à 15 ans. » (Agence de presse ANA – 19 juin 2016)

Par ailleurs, les lois du régime clérical créent déjà des obstacles aux femmes dans l’emploi et d’autres activités politiques et sociales. La Constitution interdit aux femmes de devenir présidente ou juge.

L’article 1105 du Code civil indique que, par nature, l’homme est le chef de famille et peut même empêcher sa femme de quitter la maison.

L’article 1117 du Code civil donne aux hommes le droit d’empêcher l’embauche de leurs épouses.

En outre, dans son préambule, le droit du travail du régime clérical considère le rôle de la femme dans la famille comme son occupation principale. Dans le premier article, il insiste sur la valeur de la maison pour les femmes.

Annexe:

Tableau de participation des femmes aux conseils municipaux en Iran (compilé sur les sites officiels de diverses municipalités des villes iraniennes par la commission des Femmes du CNRI)

Participation des femmes aux conseils municipaux en Iran
Ville Total des membres Femmes membres %
1 Abadan 13 4 30.76%
2 Ahwaz 21 4 19.00%
3 Aligoodarz 9 2 22.20%
4 Amol 12 3 25.00%
5 Arak 15 1 6.60%
6 Ardebil 10 1 10.00%
7 Babol 13 2 15.38%
8 Babolsar 9 2 22.20%
9 Bandar Abbas 13 3 23.00%
10 Bandar Anzali 11 1 18.18%
11 Bandar Boushehr 11 4 36.00%
12 birjand 13 0 0.00%
13 Bojnourd 13 3 23.00%
14 Boumehen 9 1 11.10%
15 Chalous 9 2 22.20%
16 Chardangeh 7 1 14.28%
17 Damghan 9 0 0.00%
18 Ghaemshahr 13 0 0.00%
19 Ghazvin 13 3 23.00%
20 Ghom 21 2 10.00%
21 Gorgan 13 1 7.70%
22 Hamedan 15 1 6.60%
23 Ilam 11 1 9.00%
24 Isfahan 20 1 5.00%
25 Jahrom 11 0 0.00%
26 Karaj 17 3 17.64%
27 Kashmar 9 1 11.10%
28 Kazeroun 9 2 22.20%
29 Kerman 18 6 33.33%
30 Kermanshah 15 5 33.30%
31 Khansar 7 1 14.28%
32 Khorramabad 13 1 7.70%
33 Lahijan 9 0 0.00%
34 Lar 9 0 0.00%
35 Mahabad 11 1 9.00%
36 Malayer 11 1 9.00%
37 Malayerd 13 6 23.00%
38 Marvdasht 11 0 0.00%
39 Mashhad 20 1 5.00%
40 Mehdishahr 5 0 0.00%
41 Meibod 9 0 0.00%
42 Meshkinshahr 9 0 0.00%
43 Mianeh 9 1 11.10%
44 Minoudasht 7 1 14.28%
45 Mobarakeh 9 2 22.20%
46 Oroumieh 15 2 13.30%
47 Rasht 15 1 6.60%
48 Roudsar 5 0 0.00%
49 Sabzevar 6 0 0.00%
50 Saghez 11 1 9.00%
51 Sanandaj 5 1 20.00%
52 Sari 13 0 0.00%
53 Semnan 11 2 18.18%
54 Shahr e Kord 10 2 20.00%
55 Shiraz 21 1 4.76%
56 Shoushtar 11 0 0.00%
57 Tabriz 21 3 14.00%
58 Tehran 31 3 6.67%
59 Yasouj 11 1 9.00%
60 Yazd 6 2 0.00%
61 Zabol 11 2 18.18%
62 Zahedan 15 2 13.30%
63 Zanjan 13 3 23.00%
64 Zarand 6 0 0.00%
Total 719 93 12.02%

 

Télécharger l’étude complète

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