20
NOV
2017

Iran séisme: la catastrophe d’après

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Une semaine après le séisme de magnitude 7,3 qui s’est produit dans la province de Kermânchâh (ouest de l’Iran), les médias gouvernementaux commence à illustrer un aspect de la situation catastrophique des habitants des régions sinistrées.
Ahmad Safari, le représentant de Kermânchâh au Majlis (parlement des mollahs), a déclaré dans une interview accordée à l’agence de presse officielle ILNA: « certains villages n’ont reçu aucune aide… C’est l’apocalypse ! La racine des problèmes est l’absence d’une politique de gestion de crise. » « Il est possible que seulement 10% des villages aient reçu des tentes », a déclaré le député du régime, qui a visité mercredi la zone sinistrée. « Il y a des zones où 90% des villages sont détruits ; la situation est très grave. »
Ahmad Safari a également critiqué la couverture du tremblement de terre par les médias du régime (IRIB – Radio & Télévision) : « L’IRIB assure une couverture (du tremblement de terre) comme si tout allait bien. Les médias nationaux, avec leur couverture inefficace de l’information, ont opprimé et trahi Kermânchâh. »
Il a également déclaré que le nombre de décès est beaucoup plus élevé que ce que révèlent les statistiques officielles. « Les autorités ne le savent pas, je suis moi-même allé dans un village où les gens ont déclaré avoir enterré 20 personnes le premier jour », a confié Safari à l’agence de presse officielle ILNA après avoir visité une zone sinistrée. « Ces personnes ne sont pas incluses dans le nombre de décès. À mon avis, plus de 1 000 personnes ont été tuées ; soixante-dix personnes ont été tuées juste dans une ruelle à Sarpol-e-Zahab ; plus de 250 personnes sont mortes dans les unités de logements de Mehr. »
« Des survivants en Iran protestaient contre le manque d’abris et de nourriture », a révélé l’agence de presse Reuters, dans un rapport sur le sinistre. Ils ont passé une éprouvante journée à satisfaire leurs besoins en nourriture, en eau et en abris. Maryam Ahang, qui a perdu 10 membres de sa famille dans la ville de Sarpol-e-Zahab, a déclaré à Reuters avec son téléphone portable, toute en pleurs : «Nous avons faim, nous avons froid, nous sommes sans abri, nous sommes délaissés dans ce monde. Reza, qui a passé deux nuits dans le froid, demande : où sont les dons ? Les responsables du régime ont arrêté l’opération de secours sous prétexte qu’il n’est plus possible de trouver des survivants sous les décombres. Certaines personnes sont en colère contre la destruction de leurs logements ‘Mehr’ construits sur le gouvernement.»
Parallèlement, les forces “de l’ordre” ont empêché l’arrivée de l’aide de la population à Sarpol-e-Zahab. Par exemple, à la sortie de Divandareh, ils ont arrêté les camions transportant des secours populaires sous prétexte que l’aide devait être distribuée via le Croissant Rouge .
Sur la route de Kermânchâh à Sarpol-e-Zahab, les agents ont mis la main sur environ 2000 tentes et couvertures. Si le régime ne dérobait pas les aides de la population et n’empêchait pas leur distribution, le problème de beaucoup de victime serait résolu.
« Dans les zones rurales, à 10 kilomètres au nord de Sarpol-e-Zahab, où passait l’équipe de l’AFP, la majeure partie de l’aide distribuée mercredi à la population appartenait à des particuliers », a indiqué l’agence.

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