05
SEP
2017

Jacques Gaillot sur le massacre des prisons en Iran: Le jugement de l’Histoire sera terrible

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Une exposition de photos, de documents et de témoignages d’anciens prisonniers tenue le 30 et le 31 août à la mairie du 2e arrondissement de Paris apportait un éclairage bouleversant du massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran, crime contre l’humanité commis par le régime des mollahs resté impuni. L’exposition était enrichie par les interventions de personnalités présentes ainsi que d’anciens prisonniers et familles de victimes.

“Lorsqu’il y a eu en 1988 ce terrible massacre, il y a eu un homme qui a eu le courage de parler et de dénoncer les crimes commis, c’est un ayatollah, respecté par le pouvoir qui en conscience a dit qu’on ne pouvait pas continuer ce massacre. Il a eu cette parole prophétique que le massacre serait un jour jugé et que le jugement de l’histoire serait terrible sur eux ; et qu’un jour ils seraient condamnés par la justice,” a affirmé Mgr Jacques Gaillot dans son discours.

“Et puis la chape de plomb de silence est retombée pendant bien des années. Et voici que l’été dernier, il y a un an, des écrits et une vidéo ont mis au grand jour ce qui s’était passé et y ont dénoncé les auteurs de ce crime.

Ce qui est caché ne peut pas le rester toujours. Tout ce qui est caché doit un jour venir à la lumière. Et le peuple iranien a connu la vérité du massacre. Et aujourd’hui nous essayons de connaître ce qui s’est passé.

C’est un encouragement, et une fois que les choses sont dans la lumière, les auteurs du crime commencent à avoir peur. Parce qu’ils savent que nous savons. Et surtout qu’ils redoutent qu’une commission internationale d’enquête se fasse. Ils redoutent aussi qu’un jour la justice les rattrapent. Donc on peut dire que la peur est en train de changer de camp. Parce que tant le peuple iranien que l’opinion internationale, nous savons que les auteurs de ce crime continuent d’exercer leur pouvoir en Iran.

Quand on parle de la répression, comme on l’a dit tout à l’heure, elle continue, les pendaisons continuent, les prisonniers sont nombreux dans des conditions inhumaines, et puis il y a toujours des opposants nombreux qui résistent,” a-t-il conclu.

Le maire écologiste du 2e arrondissement de Paris Jacques Boutault a expliqué que ce n’est pas seulement pour « rendre hommage aux victimes dans les prisons iraniennes », mais pour que « cessent les massacres qui continuent aujourd’hui un à un dans ce pays » que sa mairie accueillait une exposition sur les droits de l’homme en Iran.

Familles des victimes du massacre se rassemblent sur les fosses communes à Téhéran

L’exposition fait partie d’une campagne internationale qui a connu des résultats, avec le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU à l’Assemblée Générale le 14 août abordant, entre autres, la question du massacre impuni du 1988. On lit dans le raport:

Au cours des mois de juillet et août 1988, des milliers de prisonniers politiques, d’hommes, de femmes et d’adolescents auraient été exécutés à la suite d’une fatwa émise par le Guide suprême, l’Ayatollah Khomeini. Une commission composée de trois hommes aurait été créée pour dresser la liste des personnes à exécuter. Les corps des victimes auraient été enterrés dans des tombes anonymes et
leurs familles n’ont jamais été informées de ce qu’il leur était arrivé. Ces événements, connus sous le nom de « massacres de 1988 », n’ont jamais été officiellement reconnus. En janvier 1989, le Représentant spécial de la Commission des droits de l’homme chargé d’examiner la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran, Reynaldo Galindo Pohl, s’était dit préoccupé par le « déni global » de ces exécutions et avait appelé les autorités iraniennes à mener une enquête. Cette enquête n’a toujours pas démarré44

En août 2016, un enregistrement audio d’une réunion entre de hauts fonctionnaires de l’État et des dignitaires religieux en 1988 a été rendu public. Il révèle les noms des responsables qui ont ordonné les exécutions et les ont justifiées; en font notamment partie l’actuel Ministre de la Justice, un juge de la Haute Cour de Justice toujours en fonction et le directeur de l’une des principales institutions religieuses du pays, qui était également candidat aux élections présidentielles tenues au mois de mai. Après la diffusion publique de l’enregistrement audio, certains dignitaires religieux et le chef de la magistrature ont admis que des exécutions avaient eu lieu et en ont parfois défendu le bien-fondé.

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