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Iran: La peine de mort n’épargne pas les femmes

femmes exe.83 personnes ont été pendues en janvier en Iran

Le régime iranien a pendu trois prisonniers, dont une femme dans la province du Lorestan. Les trois habitants des villages aux alentours de la ville de Delfan, ont été pendus la semaine dernière, ont rapporté les médias locaux qui précisent que deux des victimes ont été identifiées grâce à leurs initiales RH et M. Ch. et qu’ils ont été condamnés sur des accusations liées à la drogue.

Les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme et les exécutions sommaires en Iran, Ahmed Shaheed et Christof Heyns, ont appelé aujourd’hui le gouvernement de l’Iran à arrêter de toute urgence la hausse brutale des pendaisons effectuées dans le pays depuis le début de 2014.

« Nous sommes inquiet de l’application continue de la peine de mort par les autorités avec une fréquence alarmante, malgré les appels répétés adressés à l’Iran de mettre en place un moratoire sur les exécutions », ont déclaré les experts indépendants, soulignant « le caractère intrinsèquement cruel, inhumain et dégradant de la peine de mort ».

83 personnes ont été pendues pour le seul mois de janvier en Iran.

Les pressions et discriminations contre les femmes, qui sont légalisées, ont également libre cours dans divers domaines. Les patrouilles répressives ont harcelé les femmes sous prétexte de sanctionner et d’arrêter les « mal-voilées », surtout pendant la saison chaude. Pour amplifier ce mouvement, les mollahs ont lancé le « plan national du voile spécial dans les écoles » ciblant les écolières, les collégiennes et les lycéennes.

Firouz-Abadi, le commandant en chef des forces armées du régime, a estimé que pour préserver « la pudeur », les forces de sécurité et le système judicaire doivent s’occuper des « mal-voilées ». Il a souligné que si « les non-voilées et les impudiques […] cherchent à salir l’image de la révolution, il s’agit d’un problème de sécurité et les instances de sécurité doivent s’en occuper. »

Les mesures ségrégatives annoncées et mises en place pour garantir la non-mixité conduisent à la généralisation du contrôle répressif des individus, et les femmes en sont les premières victimes. Ce système nourrit et propage quotidiennement les représentations sexistes et misogynes contre lesquelles les femmes les plus conscientes se battent sans répit. Ce combat a commencé dès l’arrivée des islamistes au pouvoir et s’est élargi sans cesse, alors que les réformes arrachées par les contestations se révèlent infimes.

Un exemple significatif à ce propos est fourni par la question de l’âge du mariage pour les femmes. Une des premières initiatives du pouvoir islamiste après son instauration a été de supprimer toutes les lois promulguées sous le régime du Chah pour réformer le statut personnel des femmes. L’âge du mariage pour les filles avait été élevé à 15 ans en 1967, puis à 18 ans en 1974. Mais en 1979, les islamistes au pouvoir abaissent l’âge de mariage à 13 ans.

Les islamistes s’opposent violement au développement des valeurs de la modernité fondées sur la démocratie, les droits de l’Homme et l’égalité hommes -femmes. Le caractère totalitaire du pouvoir islamiste crée un sérieux obstacle sur développement de la société. Or, pour mesurer ces progrès, il nous faudrait regarder les autres angles de ce tableau multidimensionnel pour voir tous les fragments de la vie sociale.

L’analyse de l’évolution de la condition des femmes en Iran conduit à une conclusion évidente : la démocratie est la condition sine qua non de la liberté des femmes et de leurs accès aux droits fondamentaux. La condition des femmes se présente ainsi comme le meilleur lieu pour observer et analyser la crise importante du développement socioéconomique et humaine en Iran. Le pays souffre de l’absence des droits fondamentaux – civiques, politiques, socio-économique et environnementaux – de ses habitants, et les femmes en sont les premières victimes. Les richesses acquises par le pétrole, le soutien actif des groupes dont les intérêts dépendent de la préservation de l’ordre dominant et l’usage de la répression font endurer la dictature théocratique.

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