Camp Liberty

L’échec de l’ONU en Irak est également un échec de l’Union Européenne

Tour d'Achraf la nuitLe camp d’Achraf, un camp de réfugiés dans la province de Diyala en Irak, était un oasis de technologie et d’agriculture, mais son transfert mené par l’ONU s’est révélé un cauchemar.

Par Wesley Martin, colonel américain à la retraite, a servi comme officier supérieur de l’antiterrorisme et la protection de la force multinationale en Irak, et comme commandant de la sécurité du camp d’Achraf.

Source : Euroactive.com, 16 juillet

Le mandat de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Irak (MANUI) doit être renouvelé au Conseil de Sécurité de l’ONU aujourd’hui. C’est un moment opportun pour réfléchir sur les réalisations de son représentant en Irak, Martin Kobler. Malgré ce qu’il prétendra dans son témoignage au Conseil de Sécurité, le fait reste qu’aucun des grands objectifs de la MANUI n’a été atteint.

Pourquoi tout cela concerne-t-il les États de l’UE, pourrait-on se demander. La réponse est plutôt simple. L’UE et ses États membres sont les plus gros contributeurs financiers de l’ONU.

En réalité, en 2007 l’UE a fourni presque 40% du budget de l’ONU. L’UE soutient également les valeurs de liberté, de démocratie et des droits de l’homme de l’ONU, et le préambule du traité de l’UE cite les articles des droits humains de la Charte de l’ONU.

De fait, cela devrait être très important pour l’UE et ses États membres de savoir comment l’ONU fonctionne et comment elle dépense ses ressources. Ce qui rend le cas encore plus pertinent c’est que le représentant de l’ONU en Irak, chargé de faire respecter les valeurs de l’ONU, était un diplomate allemand.

Mais l’attitude de Martin Kobler a poussé plusieurs dirigeants politiques irakiens à exiger son renvoi d’Irak. La mesure la plus flagrante contre l’humanité de l’ambassadeur Kobler concerne les Moudjahidine du Peuple (OMPI), la principale opposition aux fondamentalistes religieux contrôlant le gouvernement en Iran. Piégés en Irak par l’invasion des États-Unis et centralisés au camp d’Achraf, une ville moderne que les opposants iraniens ont construite avec leurs propres ressources et efforts en 25 ans. Ces 3200 personnes ont travaillé pendant six ans avec les forces américaines jusqu’en 2009, lorsque leur contrôle et leur sécurité a été transmis au gouvernement pro-iranien d’Irak.

Créé à partir du désert aride d’Irak par l’OMPI, le camp d’Achraf est devenu un oasis de technologie et d’agriculture. Ce magnifique camp a été envié par le gouvernement irakien. L’élimination de sa population est devenue une obsession du gouvernement iranien. Martin Kobler s’est révélé être entièrement capable de soutenir ces deux ambitions.

En tant que représentant de l’ONU en Irak, il a négocié et signé un protocole d’Accord (MoU) concernant le transfert des résidents du camp d’Achraf à une ancienne enceinte de l’armée américaine près de Bagdad appelée camp Liberty. Il a trompé la communauté internationale sur les conditions au camp Liberty en montrant des photos trafiquées. Kobler a promis aux résidents la sûreté et la protection dans ce nouvel endroit. Il avait également promis que le camp serait un lieu temporaire en attente d’une réinstallation rapide dans différentes parties du monde plus sûres. Chacune des promesses creuses de Kobler s’est révélée faire partie d’une arnaque géante.

Le camp Liberty a été frappé par des roquettes à deux reprises par la Force Qods iranienne et les forces militaires irakiennes qui collaborent. Depuis le transfert des résidents d’Achraf à Liberty, pas moins de 10 personnes ont été tuées et 170 blessées. Il ne peut y avoir aucun doute que Kobler a ouvert la voie aux massacres des 9 février et 15 juin 2013 au camp Liberty. La vie quotidienne des résidents a été un tourment psychologique continuel, une persécution de la part de l’armée irakienne, vivant dans les conditions les plus dures.

« Liberty » est alors décrit comme une prison par le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire de l’ONU. Rudolph Giuliani, l’ancien maire de la ville de New York, l’a encore mieux qualifié lorsqu’il s’est récemment adressé à une foule de quelque 100 000 personnes venues à Paris pour montrer leur soutien à la résistance iranienne : « Liberty était un camp de concentration pour commencer. Il s’est transformé en un champ de massacre. »

L’ambassadeur Kobler n’a pas même tenté d’essayer de faire ce qu’il fallait, et s’est contenté d’empirer la situation. Depuis le tout début, il a impliqué le régime iranien dans le dossier d’Achraf et de Liberty. Tahar Boumedra, un haut responsable de l’ONU qui était en charge du dossier d’Achraf à la MANUI pendant plus de trois ans, a démissionné en mai 2012 en protestation contre les actions partiales de Kobler qui a impliqué le régime iranien dans ce dossier.

Boumedra a témoigné de cela sous serment devant le Congrès américain le 13 septembre 2012. Il a déclaré que de novembre 2011 au commencement de 2012, il était présent dans les réunions de Kobler avec l’ambassadeur du régime iranien, qui est également le commandant de la Force Qods des Gardiens de la Révolution, la branche hors juridiction des Gardiens de la Révolution iraniens, impliqués dans d’innombrables actions de terrorisme à travers le monde. À chaque fois, le premier point au programme était l’OMPI.

Aujourd’hui, le Conseil de Sécurité de l’ONU doit cesser d’accepter les mensonges et les vérités tordues de Martin Kobler. Celui-ci doit être complètement révoqué de l’ONU. Il est temps de commencer à régler les problèmes qu’il a créés dans tout l’Irak. En particulier pour les habitants de Liberty, il est temps de tous les transférer immédiatement vers des pays sûrs. Il est grand temps depuis longtemps de refermer cet ignoble chapitre de l’histoire de l’ONU.

L’UE devrait exhorter l’ONU à rester fidèle à ses valeurs proclamées de liberté, de démocratie et de droits de l’homme, en ce qui concerne le sort des opposants iraniens et la fonction de l’ONU en Irak.

 

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