Camp Liberty

Les Nations Unies semblent parfaitement satisfaites de la prison de Liberty

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Tandis que le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon défile avec le drapeau olympique, son représentant supervise une odieuse tragédie en Irak  

Par Christopher Booker

telegraph.co.uk ,4 août 2012 – Quand le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, portait le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture, aux côtés de champions des droits de l’homme comme Daniel Barenboim et Shami Chakrabarti de Liberty, la dernière chose qu’il avait à l’esprit était sans aucun doute le rôle particulier que jouait son représentant personnel en Irak, un diplomate allemand du nom de Martin Kobler.

Mais M. Kobler est accusé de conspirer avec l’Iran (principal allié du régime meurtrier en Syrie) pour commettre une violation des droits si flagrante que cela a été condamné, pas seulement par les personnalités politiques du monde entier, mais aussi par la propre Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Les victimes de cette trahison sont 3000 opposants iraniens qui ont vécu pendant 30 ans dans une jolie petite ville qu’ils ont construite dans le désert irakien, connue comme le camp d’Achraf. Lorsque, après 1979, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) ont fui la tyrannie de leur pays, ils ont fini par être considérés par les mollahs de Téhéran comme leurs principaux ennemis. Désignés comme « demandeurs d’asile » en vertu de la Convention de Genève, les membres de l’OMPI ont rendu leurs armes en 2003, en échange de garanties personnelles pour leur sécurité apportée par le gouvernement américain. Mais après le départ des États-Unis en 2009, le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a invité les gardiens de la révolution de l’Iran à le rejoindre pour assiéger Achraf, avec l’intention déclarée que ses résidents seraient déportés en Iran, pour y subir la prison ou l’exécution.

Après une série de violentes attaques contre la cité, au cours desquelles 47 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, un accord a été conclu l’année dernière par M. Kobler, agissant pour l’ONU, selon lequel les résidents seraient transférés dans une ancienne base militaire américaine à l’extérieur de Bagdad, le camp Liberty, avant de partir en toute sécurité vers d’autres pays. Mais lorsque les 2000 premiers résidents sont arrivés à Liberty, ils ont découvert qu’ils avaient été victimes d’une ruse odieuse.

Ils ont été acheminés dans ce que le Parlement européen comme la Commission des droits de l’homme de l’ONU qualifient de prison aux murs de béton, dépouillés de leurs biens, privés d’eau, de nourriture, d’électricité et de matériel médical, et persécutés nuit et jour par des gardiens armés iraniens et irakiens. Le commandant du camp était un certain colonel Saddeq – inculpé, en Espagne, pour son implication dans les massacres précédents à Achraf.

Il y a des preuves abondantes sur le rôle extraordinaire joué dans tout cela par M. Kobler. Il a travaillé étroitement avec les Iraniens à toutes les étapes. Il a personnellement dit à Struan Stevenson, eurodéputé et chef de la délégation pour les relations avec l’Irak du Parlement européen, qu’il voulait voir tous les résidents d’Achraf logés dans un hôtel de Bagdad, qui s’est révélé être loué par le gouvernement iranien. Lorsque, il y a quelques semaines, un groupe de 14 Irakiens est arrivé à l’improviste au Parlement européen pour discuter d’Achraf avec le groupe de Stevenson, il y avait dans ce groupe le colonel Saddeq – qui, sur l’insistance de Stevenson, a été interdit d’entrer dans le bâtiment.

Ce qui est particulièrement étrange dans cette histoire, c’est que d’un côté, la cause de l’OMPI gagne le soutien d’une gamme remarquable de personnalités publiques en Europe et aux États-Unis, dont un ancien chef de la CIA, l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, le général David Phillips ancien chef de la police militaire américaine (qui a signé ces garanties personnelles aux résidents d’Achraf en 2003) et littéralement des milliers de sénateurs, de députés, d’eurodéputés et d’anciens ministres. Certains parmi eux, comme M. Stevenson, ont récemment parlé de trahison vis-à-vis d’Achraf lors d’un rassemblement de plus de 100 000 exilés iraniens à Paris. D’un autre côté, le département d’État américain et notre propre gouvernement continuent à satisfaire Téhéran à propos de l’OMPI, comme ils le font depuis plus de dix ans.

Mais le plus étrange de tout reste la partie jouée dans cette tragédie par le représentant personnel de Ban Ki-moon, qui est si heureux de poser au stade olympique et ailleurs comme un éminent champion des droits de l’homme.

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