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Neuf autres experts de l’ONU dénoncent le traitement réservé aux opposants iraniens réfugiés en Irak

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Appel d’urgence à Genève pour les Moudjahidine

Par Andrès Allemand

Jean Ziegler et neuf autres experts de l’ONU dénoncent le traitement réservé aux opposants iraniens réfugiés en Irak

Tribune de Genève, 25-26 février 2012 – Une prison de haute sécurité. Voilà à quoi ressemble le camp de réfugiés vers lequel les autorités irakiennes tentent de transférer, ces jours-ci, les Moudjahidine du peuple, ces 3400 opposants iraniens qui vivent depuis plus de trente ans au camp d’Achraf, à 80 km, au nord-est de Bagdad, sur un terrain que l’ancien dictateur Saddam Hussein avait mis à leur disposition.

Un transfert dénoncé avec force, hier à Genève, par le virulent Jean Ziegler et neuf autres experts du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Dans une déclaration commune, ils lancent un appel  urgent au secrétaire général Ban Ki-moon et à la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. Se basant sur le témoignage des 400 premiers moudjahidines déplacés sur le nouveau site, une base américaine désaffectée appelée “Liberty” (sic!), les signataires dressent un tableau apocalyptique.

Voyez plutôt. “Les demandeurs d’asile ne bénéficient pas de liberté de mouvement, n’ont pas un libre accès à des avocats ou aux services médicaux. Dans le nouveau camp, entouré de hauts murs de béton, les forces armées irakiennes disposent d’un poste central, de trois postes axillaires avec mitrailleuses.”

“Il existe des dispositifs d’écoute et de nombreuses caméras d’espionnage, poursuit la lettre incendiaire. Il ne fait aucun doute que ce qui résulte de ces dispositifs est fourni au régime iranien, mettant clairement en péril les résidents et leurs familles. Le processus de transfert des résidents a été humiliant. Ils ont été fouillés pendant onze heures.” Sans même parler de la pénurie d’eau potable et d’électricité ou encore des fosses septiques à ciel ouvert…

Bref, le gouvernement du premier ministre chiite Nouri al-Maliki, réputé proche de l’Iran des mollahs, n’a pas le moindre égard pour les membres de l’Organisation des moudjahidine du peuple iranien qui figure depuis 1997 sur la liste des groupes terroristes établie par les Etats-Unis.  Même s’ils ont officiellement renoncé à la violence en 2001 et ont été désarmés par les forces américaines en 2003.

A deux reprises, en 2009 et 2011, le gouvernement irakien a mené des raids meurtriers contre le camp d’Achraf, faisant 47 morts, pour tenter d’effacer cette enclave. Aujourd’hui, alors même que les moudjahidines attendent de recevoir l’asile en Occident (en Suisse pour certains) Bagdad veut à tout prix les transférer vers cette “prison”. Pourquoi? Contacté hier à Camp Liberty, l’un des résidents Behzad Saffari  en est sûr: “C’est une punition collective! Avant de nous laisser partir, l’Iran veut d’abord nous briser.”

 

 

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