Camp LibertyEn iran

Nouveaux détails sur la troisième attaque contre le camp Liberty .

Liberty 15 juin (1)

• L’attaque à la roquette a été menée à l’aide de forces gouvernementales et conçue pour infliger de lourdes pertes

• L’attaque sur Liberty était prévisible en raison des avertissements lancés par les habitants, les positions du gouvernement irakien et les menaces de la Force terroriste Qods

• Sur la base du droit international et des accords multilatéraux, les États-Unis et les Nations Unies doivent répondre de la protection des résidents

De nouveaux détails de l’intérieur du régime des mollahs parvenus à la Résistance iranienne sur la troisième attaque contre le camp Liberty montrent clairement que cette opération criminelle a été réalisée par la Force terroriste Qods en coopération et en coordination avec le gouvernement irakien et les forces de sécurité irakiennes. Dans cette opération, où quarante roquettes de 107 mm ont été tirées sur le camp Liberty en l’espace de dix minutes (13h15-13h25, heure locale), deux membres de l’OMPI ont été tués, 70 autres blessés et des millions de dollars de dégâts ont été infligés aux biens des habitants.

1. Ces missiles ont été tirés d’une zone au sud-est du camp Liberty avec quatre rampes de lancement installées sur un camion, chacune pouvant lancer 12 roquettes. Le nombre de roquettes tirées était de plus de quarante et 35 points d’impact ont été répertoriés à l’intérieur du camp jusqu’à présent, et deux obus n’ont pas explosé.

2. Khamenei en personne a donné le feu vert à l’attaque et la responsabilité de l’exécution a été confiée à la Force terroriste Qods. Cette opération meurtrière a été organisée le lendemain de la mascarade électorale pour la présidentielle en même temps que l’annonce du résultat. La Force terroriste Qods et ses groupes affiliés comme Kataëb Hezbollah et Assaib al-Haq avaient fait les préparatifs, mais la Force Qods a dû attendre la veille et la fin de la journée de l’élection pour avoir le feu vert final de Khamenei de l’attaque.

3. Les opérations de renseignements et de coordination opérationnelle de cette attaque ont été faites par le biais du cabinet du Premier ministre et de l’ambassadeur du régime iranien à Bagdad ainsi que par des commandants de la Force terroriste Qods. Les assaillants n’ont pu préparer un plan exact de tir de plus de 40 roquettes qu’en utilisant des ressources d’Etat. Dans des opérations terroristes urbaines typiques, les roquettes de 107mm sont tirées uniquement dans un nombre limité au moyen d’une seule rampe de lancement. En outre, l’attaque a été lancée au milieu de la journée, en une heure de pleine activité, et le site de lancement se trouvait dans une zone de haute sécurité. Préparer une rampe de lancement pour tirer nécessite au moins 20 minutes et compte tenu de la situation de la sécurité à Bagdad, le transfert de ce volume d’armes et de munitions pour passer les points de contrôle nécessitait une coordination et un soutien des forces de sécurité préalables.

4. Cette opération criminelle a été menée par des équipes de professionnels entrainés et selon le plan, les lieux de rassemblement des habitants et les réfectoires devaient être attaqués au moment du repas. La préparation et la vigilance des habitants ont évité des pertes beaucoup plus élevées.

5. La façon dont l’attaque a été menée et les points d’impact de missiles démontrent que les assaillants avaient des informations détaillées de l’intérieur du camp et des lieux de rassemblement. Auparavant, les habitants s’étaient mainte fois opposés à ce que les agents spéciaux de Kobler les harcellent en prenant des photos et des films à tout bout de champ. Dans le rapport quotidien de Liberty daté du 30 mai 2013, et envoyé aux autorités américaines, européennes et onusiennes, on peut lire : « Aujourd’hui, dans ses multiples visites au camp, un des observateurs de la MANUI du nom de Massoud Dorrani a pris beaucoup de photos des lieux de vie des habitants et des rues de manière étrange. Tous les habitants se posaient des questions sur cette manière de prendre des photos et ne comprenaient pas pourquoi il prenait des photos de cette manière alors que son équipe était dans le camp tous les jours et qu’il n’y avait rien de nouveau. Ils se demandaient ce qu’il y avait derrière ces prises de vues et quelle mauvaise utilisation Kobler allait faire de ces photos. »

6. Alors que les agents spéciaux de Kobler, en particulier un individu appelé Massoud Dorrani, étaient dans le camp Liberty tous les jours à harceler les habitants, leur absence soudaine le jour de l’attaque (15 juin) soulève de nombreuses questions.

7. Le 29 mai, au Parlement européen, Martin Kobler a vicieusement déclaré : « Le Parlement européen que dont je pensais qu’il défendait les droits de l’homme (…) ne tient pas compte du fait que des structures dans le camp Liberty, où les gens sont gardés dans des sections, a actuellement 30 cantines pour empêcher que tout le monde se réunissent dans un seul réfectoire (…) Est-ce cela la politique des droits de l’homme ? »

8. Par la suite, les résidents dans leur déclaration de 3000 signatures ont souligné : « Nous appelons le gouvernement américain, les Nations Unies et l’Union européenne à contraindre le gouvernement irakien d’accepter la construction d’un réfectoire capable de résister aux tirs de mortier et pouvant accueillir 3.000 personnes (…) à nos frais (…) Nous fermerons alors certainement les 30 salles à manger dont parle M. Kobler (…) Alors que le gouvernement irakien n’a donné son aval à aucun de nos besoins en sécurité à Liberty,  et que  pas même un mur en T n’a été introduit dans le camp et que M. Kobler n’a pas soulevé d’objections sur ce point et qu’il a déloyalement masqué ce fait au Parlement européen, il a l’intention de nous réunir dans une salle non protégée pour que nous devenions les cibles d’un massacre mené par le régime. C’est ce qu’on appelle collaborer avec le bourreau. »

9. Ces quatre derniers mois, après l’attaque à la roquette du 9 février, les habitants et leurs représentants ont mis en garde le Secrétaire général, et d’autres responsables des Nations Unies et des États-Unis dans des dizaines de lettres contre de futures attaques. Ils ont demandé des mesures de sécurité à Liberty et le retour des habitants au camp d’Achraf.  Le gouvernement irakien a explicitement déclaré qu’il est incapable d’empêcher les attaques à la roquette sur Liberty (AP – 9 février). Des éléments de la Force terroriste Qods en Irak ont revendiqué l’attaque du 9 février et déclaré qu’ils frapperaient à nouveau Liberty (Asharq Al-Awsat, Al-Hayat et AP de 25-26 février 2013). Ces mercenaires affirmaient qu’ils allaient mettre en œuvre leurs opérations militaires sur ordre de Khamenei et «ont promis d’infliger un second coup fatal à l’Ompi » avant de souligner : « Nous considérons que les frapper et les tuer est un devoir religieux et éthique, et nous les viserons à nouveau dans un proche avenir ».

10. Le 30 avril, la présidente élue de la Résistance iranienne Mme Maryam Radjavi a écrit au président américain : L’attaque à la roquette du 29 avril 2013 « était un avertissement sérieux pour la sûreté de plus de 3.000 habitants sans défense. Environ 80 jours après la précédente attaque à la roquette, le gouvernement irakien empêche la mise en œuvre des mesures de sécurité à Liberty. Pas un seul mur en T n’a été ramené, pas plus qu’il n’a été permis de transférer les casques et gilets de protection depuis Achraf. Les résidents n’ont pas été autorisés à construire ni à étendre la zone du camp et on leur a refusé l’autorisation de transférer leur matériel médical d’Achraf à Liberty (…) Le camp Liberty ne fait qu’un demi km² et se compose entièrement de baraquement très vulnérables aux tirs de roquette et de mortiers (…)

Comme il n’y a pas de perspectives immédiates de réinstallation de tous les résidents aux États-Unis ou en Europe, la seule option pratique pour éviter un autre massacre et assurer la sécurité des résidents, c’est leur retour provisoire à Achraf d’où ils seront réinstallés progressivement. »

11. Le 5 mai 2013, le représentant des résidents a écrit au secrétaire d’État américain : «Alors que la crise actuelle en Irak rend Maliki encore plus dépendants des ordres du régime iranien et en raison des positions de Kobler, un autre bain de sang est inévitable. La seule façon de l’empêcher est une intervention américaine active et en prenant spécialement des mesures immédiates pour le retour des habitants à Achraf, la révocation de Kobler du dossier des habitants et de remettre la responsabilité du dossier d’Achraf et Liberty au HCR dans le mandat de l’ONU. »

12. Le 3 mai, le Dr Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen et président du Comité international pour l’application de la justice, a écrit au secrétaire d’Etat américain : « Le tir de 20 roquettes sur Liberty le 29 avril, qui heureusement n’a fait aucune pertes humaines, a montré une fois de plus que les habitants de Liberty n’ont pas de sécurité et que Liberty peut être le théâtre d’un massacre à tout moment (…) la vulnérabilité des habitants est beaucoup plus élevé que celui des citoyens irakiens ordinaires parce qu’à Liberty il n’y a que des baraquements, que la concentration de la population y est très élevée, et plus important encore, en raison des conditions de détention à Liberty, les résidents ne peuvent s’échapper et sont confinés au périmètre du camp au moment du danger . »

13. Depuis la première attaque sur le camp le 9 février 2013, les habitants et leurs représentants ont réclamé cinq mesures de sécurité minimales par écrit dans des centaines de lettres, de réunions et de contacts avec l’ONU, les responsables américains et irakiens. Ces besoins comprennent : le retour des murs en T, le transfert d’Achraf de casques et de gilets protecteurs, le transfert d’équipements médicaux de base, le permis de construire un minimum à Liberty, et d’augmenter la superficie du camp. Le 16 avril 2013, le représentant du gouvernement irakien, en présence du représentant du HCR et de l’adjoint de la MANUI, a accepté le transfert des grands murs en T.

Après la visite le 8 mai des lieux de rassemblement du camp Liberty par une délégation d’officiers de la MANUI et de représentants du gouvernement irakien, ils ont informé les représentants des résidents qu’ils n’avaient approuvé l’entrée que de 2600 murs en T pour la protection des lieux de rassemblement. Enfin, le représentant du gouvernement irakien a annoncé en présence de la MANUI et du HCR que toutes les nécessités minimales avaient été rejetées.

14. Le secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne a annoncé le 5 avril 2013, qu’après sa visite en Irak, le ministre du Renseignement des mollahs Moslehi, avait souligné dans son rapport au bureau de Khamenei, que Maliki et Faleh Fayyaz lui avaient assuré qu’ils allaient traiter les habitants du camp Liberty  plus sévèrement et que le retour des murs en T de protection, l’extension du périmètre du  camp et les constructions dans le camp, ainsi l’entrée de sacs de sable comme le demande l’OMPI pour augmenter le facteur de sécurité dans le camp Liberty seront interdit. »

15. Martin Kobler, qui est bien conscient de l’indifférence du gouvernement irakien vis-à-vis des besoins minimaux de sécurité, dans au moins onze lettres au représentant des habitants après l’attaque et dans ses discours au Conseil de sécurité et au Parlement européen, s’est vanté dans des falsifications étonnantes de ses efforts pour assurer la sécurité au camp Liberty, les progrès réalisés et les bonnes intentions de l’Irak. Le 4 mars, il a écrit au représentant des habitants : «Nous soutenons pleinement vos demandes pour améliorer la sécurité au camp Liberty au plus haut niveau. »

Puis le 15 mars, il a écrit à nouveau : «Nous continuons à soutenir pleinement votre demande de sécurité vis-à-vis du gouvernement irakien. J’ai entendu dire que des progrès avaient été réalisés au cours de la semaine dernière. Nous continuons le suivi dans la semaine à venir ». L’adjoint de Kobler écrivait le 11 avril : « Les travaux en cours pour améliorer la sécurité au camp Liberty, suivis de près par nos moniteurs, avancent. »

Le 13 avril Kobler a écrit : « J’ai sous les yeux les derniers chiffres où nous en sommes pour les murs en T grands et petits, les abris, les sacs de sable, les équipements de protection individuelle (EPI) et l’équipement d’urgence à la clinique. » Il implique sournoisement qu’une partie des demandes essentielles de la sécurité des résidents a été mis en œuvre.

16. Il est clair que, en empêchant de satisfaire des besoins essentiels de la sécurité, le gouvernement irakien a l’intention d’infliger davantage de pertes sur l’OMPI dans d’autres attaques. C’est un point sur lequel les habitants ont mis en garde maintes et maintes fois. Le 15 mars 2013, plus de 3000 habitants ont écrit au Secrétaire général Ban Ki-moon : « Alors que les menaces de futures attaques de Liberty du régime iranien, de ses éléments et de ses mercenaires en Irak continuent, le gouvernement irakien empêchent le minimum de mesures de protection dans le camp. Il n’a pas autorisé un seul mur en T dans le camp. De même, il empêche le transfert de nos gilets et casques de protection d’Achraf (…) laissant intentionnellement les baraquements vulnérables à toute attaque. Il ne fait aucun doute que le but du régime iranien et du gouvernement irakien est de nous infliger de nouvelles pertes dans des attaques ultérieures. »

Le 11 juin et après l’annonce par le gouvernement irakien de son opposition à tous les besoins minimaux, le CNRI a annoncé : « cette opposition aux dispositions minimales de sécurité au camp Liberty démontre avec éclat que ce gouvernement non seulement n’a pas l’intention de résoudre les problèmes de la protection des habitants de Liberty, mais qu’en fait, il souhaite qu’ils subissent davantage de dégâts dans les futures attaques. »

17. Les deux membres de l’OMPI qui ont été tués le 15 juin ont été touchés à l’intérieur de leurs baraquement par des éclats ; les blessés ont aussi été principalement victimes d’éclats ayant touchés les baraquements. Dans certains cas, un petit éclat d’obus a traversé 3 à 4 baraquements avant de toucher une personne. Si les murs en T n’avaient pas été enlevés, aucun résident n’aurait été tué et le nombre de blessés auraient été beaucoup moindre. Si les habitants avaient eu des équipements de protection individuelle comme des casques et des gilets, ceux qui ont été touchés à la tête, au visage et à la poitrine par des éclats de roquette n’auraient pas été blessés.

18. Suite à l’attaque du 9 février, le gouvernement irakien a permis que 500 petits abris soient amenés dans le camp depuis la zone environnante. Cependant, après en avoir entré un certain nombre, les autorités y ont mis un terme il y a deux mois. Le nombre d’abris transférés dans le camp est très insuffisant pour faire face à des situations d’urgence.

19. Si l’on compare les deux attaques de missiles sur le camp Liberty le 9 février et le 15 juin 2003, qui ont fait 10 morts et plus de 170 blessés, avec les 22 attaques contre le camp d’Achraf de 1992 à 2011, y compris les attaques de missiles SCUD-B et des attaques aériennes qui ont fait un seul mort, cela montre l’insécurité du camp Liberty et combien s’opposer au transfert des résidents d’Achraf est un grand crime délibéré.

20. Par conséquent, en raison des avertissements de résidents, de la position du gouvernement irakien et des menaces de groupes affiliés à la Force Qods, il ne fait aucun doute que l’attaque du 15 juin sur Liberty était prévisible pour les Nations Unies et les États-Unis, et donc évitable. Ainsi, ils sont profondément responsables de cette attaque et de ses victimes. Les faits suivants démontrent clairement que les Etats-Unis et les Nations Unies au regard du droit international, du droit dérivé des pactes bilatéraux et multilatéraux, et sur un plan politique sont entièrement responsables de la protection des membres de l’OMPI à Liberty et à Achraf :

a) Le gouvernement américain et la MNF-I ont reconnu le statut de tous les habitants d’Achraf en 2004 en tant que personnes protégées en vertu de la Quatrième Convention de Genève.

b) Le gouvernement américain a signé un accord avec chaque habitant d’Achraf pour assumer la responsabilité de leur protection en échange de leurs armes jusqu’au règlement final de leur situation.

c) Selon la déclaration de la secrétaire de l’Etat américaine du 25 décembre 2011, et de ses messages d’assurer la sécurité des habitants d’Achraf, ces derniers ont accepté de partir au camp Liberty. Dans cette déclaration, Mme Clinton a souligné : «Les responsables de l’ambassade américaine à Bagdad feront des visites régulières et fréquentes. » Depuis le 9 février 2013, les représentants américains ont seulement visité le camp Liberty deux fois.

d) Dans l’accord quadripartite entre les Etats-Unis, l’ONU, l’Irak et les habitants d’Achraf le 17 août 2012, les Etats-Unis se sont engagés à soutenir « la sécurité » des habitants. Sur la base de cet accord, les groupes 6, 7 et 8 sont partis d’Achraf au camp Liberty.

e) Sur la base de déclarations répétées du HCR, tous les habitants de Liberty sont des demandeurs d’asile et des personnes relevant de la compétence du HCR et doivent bénéficier d’une protection internationale. Dans son communiqué du 1er mars 2013, le HCR souligne la nécessité de fournir un environnement sûr et sain aux résidents.

Compte tenu de ce qui précède et du fait que des attaques similaires à celles du 9 février, du 29 avril et du 15 juin peuvent se produire à n’importe quel moment, la Résistance iranienne vient d’appeler une fois de plus à une action immédiate de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis et de l’ONU, pour ramener les habitants de Liberty à Achraf et leur transfert d’Achraf vers des pays tiers.

 

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