Camp Liberty

Pour préserver le gouvernement irakien des retombées de l’agonie imposée aux malades et aux blessés de Liberty, Martin Kobler inverse la vérité

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kobler– Redoutant une enquête impartiale, Martin Kobler essaie en dissimulant la vérité, de proclamer son innocence dans les résultats d’une enquête fictive favorable au gouvernement irakien

– L’arrêt des interventions des éléments du cabinet du premier ministre irakien dans les dossiers médicaux des malades, le transfert des équipements médicaux à Liberty et le transport quotidien de dix malades dans les hôpitaux, sont trois mesures nécessaires pour assurer un minimum de soins

Dans une dépêche du 26 décembre sur le décès de Behrouz Rahimian, membre de l’Ompi, l’agence AP citant la MANUI sous la direction de Martin Kobler écrit : « Les observateurs [de la MANUI] ont déterminé que l’hôpital qui avait traité un membre [Behrouz Rahimian] d’un groupe iranien en exil (…) n’avait pas jugé son état de santé suffisamment grave pour nécessiter une hospitalisation à son arrivée pour se faire soigner en novembre. » La MANUI ajoute : « La mission de l’ONU à Bagdad a annoncé “n’avoir jusqu’à présent aucune indication d’obstruction aux soins de la part des autorités irakiennes “. Elle note que les représentants des résidents réfugiés ont dit aux observateurs de l’ONU que Rahimian “semblait être en bonnes conditions jusqu’au moment de son décès”. »

Ces propos sont une falsification et un inversement de la vérité. Ils cherchent à tirer le gouvernement irakien des retombées d’un crime contre l’humanité, à savoir tuer à petit feu les réfugiés malades à Liberty.

La MANUI sous la direction de Martin Kobler a recours à ce genre de déclaration alors que le représentant des habitants de Liberty, dans sa lettre du 25 décembre, donnait au Secrétaire général de l’ONU les détails des obstructions faites par le gouvernement irakien dans les soins de Behrouz Rahimian et soulignait que le Représentant spécial et la MANUI n’avaient pas empêché cette tragédie, ni aucune des autres tragédies semblables. Cette lettre dont une copie a été envoyée en même temps à Kobler, demandait au Secrétaire général de l’ONU « de nommer une délégation internationale impartiale pour enquêter sur la situation à Liberty et à Achraf et la manière dont le gouvernement irakien a laissé Behrouz Rahimian souffrir jusqu’à sa mort et fait de même avec les autres malades et blessés. Une enquête impartiale s’avère nécessaire pour empêcher la répétition de ce crime. »

Martin Kobler et la MANUI redoutant les conclusions d’une enquête impartiale, dissimulent la vérité ou l’invente pour tenter de présenter les résultats d’une enquête, qui n’a pas encore été menée, en faveur du gouvernement irakien, afin de se faire passer pour irréprochables et pour rejeter le blâme sur la partie adverse, dissimulant leur rôle néfaste.  En réalité :

– Le 25 novembre, les agents du renseignement irakien, rattachés au cabinet du premier ministre, ont menacé les médecins, maltraité Behrouz Rahimian et son interprète, et empêché son hospitalisation en réanimation.

– Dans la soirée du 25 novembre, l’interprète de Behrouz a parlé depuis l’hôpital avec des responsables des observateurs de la MANUI des agents empêchant l’hospitalisation de Behrouz et demandé que cela soit réglé, en vain.

– Le 26 novembre, le conseiller juridique des habitants de Liberty a écrit un rapport à Martin Kobler, son adjoint et à d’autres autorités de la MANUI que : « le harcèlement des malades à Bagdad par des agents du renseignement continue. La nuit dernière un des malades, envoyé par le médecin de la clinique aux urgences de l’hôpital Yarmouck en raison d’un problème cardiaque, a été harcelé par l’agent de renseignement qui était parti avec le malade. »

– Le 26 novembre, dans une lettre au responsable des droits humain de la MANUI, Behrouz Rahimian avait raconté sa visite et le harcèlement mené par l’agent ainsi que le blocage de son hospitalisation par les agents. Une copie de la lettre a été remise à Martin Kobler.

Bien entendu, Behrouz Rahimian n’est pas le seul exemple. L’utilisation des soins médicaux comme un instrument pour la torture physique ou psychologique des habitants d’Achraf et de Liberty se fait depuis des années et a entrainé la mort de plusieurs malades.

A Liberty, depuis quelque temps, en plus de la police, un agent du renseignement attaché au cabinet du premier ministre irakien, se rend avec les malades à l’hôpital pour les harceler. Dans des dizaines de lettres, de rencontres et de contacts ces derniers mois, les représentants des résidents ont soulevé en vain avec la MANUI et Martin Kobler le cas du blocus médical et du rôle des agents irakiens dans le harcèlement et le mauvais traitement des malades.

De plus, le gouvernement irakien n’a pas autorisé les habitants à transférer à Liberty leurs équipements médicaux, utilisés pendant des années à Achraf. Par conséquent les habitants sont privés du minimum de soins que les médecins de Liberty peuvent leur dispenser.

Depuis février 2012, date à laquelle les habitants se sont réinstallés à Liberty, soit plus de dix mois, un total de 225 malades ont été transférés à l’hôpital à Bagdad (soit moins d’une personne par jour) ce qui loin de répondre aux besoins des habitants. Considérant que beaucoup des 132 personnes blessées lors des attaques de 2009 et 2011, continuent de souffrir, dans la pratique de nombreux malades ne pourront pas consulter à l’hôpital.

Une approche équitable et impartiale de Kobler aurait voulu de ne pas nier la vérité et, au lieu d’essayer de blanchir les crimes du gouvernement irakien, de condamner ce blocus injuste ainsi que les tortures physiques et psychologiques des malades et d’en faire un rapport à l’ONU.

Cette approche aussi injuste qu’inhumaine intervient alors que l’ensemble des habitants de Liberty sont des demandeurs d’asile, des personnes relevant de la compétence du HCR et des personnes protégées par la 4e convention de Genève. L’ONU et le gouvernement américain sont responsables de leur protection et de leur sécurité. Après la réinstallation du 6e groupe de résidents à liberty, le département d’Etat américain avait annoncé : « Nous appelons à des démarches continues pour répondre aux préoccupations humanitaires soulevées au camp Hurrya [Liberty] par les habitants (…) les Etats-Unis encouragent ces efforts et réitèrent leur engagement à travailler pour une solution des problèmes humanitaires à Hurriya (…) Les Etats-Unis réitèrent également leur engagement à soutenir la sureté et la sécurité des habitants tout au long du processus de leur réinstallation hors d’Irak. »

Pour empêcher des drames similaires et d’autres pertes de vie, la Résistance iranienne appelle le Secrétaire général de l’ONU et le département d’Etat américain à entreprendre des actions immédiates pour garantir le minimum nécessaire en matière médical aux habitants de Liberty et appelle spécialement à :

1- La non intervention des agents du renseignement et du cabinet du premier ministre irakien dans les affaires quotidiennes des malades.

2- Le transfert d’Achraf des équipements médicaux des habitants à Liberty pour leur utilisation dans le but d’améliorer la situation médicale des 3100 habitants qui y vivent ;

3- Le transport à l’hôpital chaque jour d’une moyenne de dix malades. Si le problème de pénurie d’ambulances se posait, des ambulances des habitants dont le transfert d’Achraf à Liberty a été empêché, pourraient servir à cet usage. Le prix des services d’un chauffeur serait assuré par les habitants.

 

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