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Première au Congrès américain : une audition de la dirigeante de l’oppsition iranienne

En pleine intervention américaine au Moyen-Orient contre l’extrémisme islamiste et à deux mois du délai de l’accord nucléaire – toujours au stade virtuel – avec l’Iran, le Congrès des Etats-Unis a frappé en grand coup : il a auditionné la dirigeante de l’opposition iranienne, Maryam Radjavi.

maryam_radjavi_audition_congrès_USA_29avril2015En effet qui mieux placé pour parler de l’intégrisme islamiste que ceux qui luttent contre ce phénomène depuis 35 ans et qui ont révélé les sites nucléaires en Iran ? L’audition a permis de recentrer le débat sur l’Iran. « L’opposition iranienne en exil a accusé mercredi devant le Congrès américain le régime de Téhéran d’être le «parrain» du groupe Etat islamique », a relevé l’AFP dans une dépêche sur cette audition qu’on pourrait qualifier d’historique, aucun mouvement de l’opposition iranienne n’ayant jusqu’alors été entendu à Capitol Hill.

« C’est le régime des mollahs (iraniens) qui a contribué à la création de l’EI et ce sont les tueries de sunnites en Irak qui ont permis à l’EI d’émerger », a argumenté la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Maryam Rajavi, par vidéo-conférence depuis Paris devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américains », ajoute la dépêche de l’AFP.

« Bien que l’Iran chiite aide militairement l’Irak et la Syrie à combattre l’EI sunnite dans ces deux pays, Mme Rajavi a estimé que Téhéran était «le parrain» de ce groupe armé. «C’est le régime iranien (…) qui a créé le terrorisme», a encore accusé la dirigeante, estimant qu’«en dépit de toutes leurs différences, l’EI et les fondamentalistes au pouvoir en Iran étaient très proches» et pouvaient même «coopérer à l’occasion». »

La nouvelle a été largement couverte aux USA mais aussi dans les pays arabes, reprises par de grands titres de la presse. L’agence AP cite Mme Radjavi disant que « les Iraniens surnomment le gouvernement de Téhéran ‘le parrain’ du groupe Etats islamique » ou Daech. « Radjavi a discuté des négociations internationales en cours pour amener l’Iran à freiner son programme nucléaire » et déclaré que les 5+1 « devront exiger l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium, la fermeture de ses sites nucléaires, de ses programmes balistiques et ses autres programmes ».

Maryam Radjavi a cru bon d’insister sur le fait « qu’aucune des sanctions ne devrait être levée avant qu’un accord ait été signé qui puisse efficacement et définitivement priver les mollahs de la bombe. Sinon le régime va dépense des milliards de dollars de ses actifs non gelés pour acheter des armes, y compris des missiles avancés de la Russie »

« Je tiens à souligner que le régime des mollahs ne fait pas partie de la solution à la crise actuelle ; il est en effet le cœur du problème. La solution ultime à ce problème est un changement de régime par le peuple iranien et sa Résistance. Ce régime est extrêmement fragile et vulnérable. Comme on l’a vu pendant le soulèvement de 2009, l’écrasante majorité du peuple iranien veut un changement de régime. »

Mme Radjavi, forte de l’expérience de la résistance iranienne, a mis en garde : « l’absence d’une politique de fermeté vis-à-vis de l’épicentre de l’intégrisme, à savoir le régime de Téhéran, provoquera des conséquences destructrices. » Elle donne sa formule à un succès.

« Nous pouvons et nous devons vaincre le fondamentalisme islamiste, qu’il soit chiite ou sunnite. La formation d’une coalition internationale et les mesures concrètes suivantes sont nécessaires pour atteindre cet objectif :

1) Expulser la Force Qods d’Irak et mettre fin à l’influence du régime iranien dans ce pays ;
2) Permettre la pleine participation des sunnites dans le partage du pouvoir et armer les tribus sunnites pour assurer la sécurité de leurs communautés ;
3) Aider l’opposition modérée et le peuple en Syrie à mettre fin au régime d’Assad et à établir la démocratie dans ce pays ;
4) Reconnaître les aspirations du peuple iranien à renverser les mollahs et mettre fin à l’inaction vis-à-vis des graves violations des droits humains en Iran.
5) Assurer la protection et le respect des droits des membres de l’opposition iranienne organisée, l’OMPI, qui se trouvent au camp Liberty en Irak.
6) Promouvoir l’islam authentique, démocratique et tolérant pour contrer les interprétations intégristes de cette religion ; et
7) bloquer toutes les voies menant le régime iranien à se doter de l’arme nucléaire.»

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