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Quand la guerre est devenue une affaire de femmes

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Françoise Thébaud, historienne spécialiste de l’histoire des femmes a donné récemment à Poitiers une conférence sur la Grande Guerre des femmes.

Françoise ThébaudIls étaient un peu plus de trois cents le 2 avril dernier à répondre à l’invitation de l’Université Inter-Ages. Ce public de retraités, de curieux et de passionnés d’histoire est venu assister à la conférence donnée par Françoise Thébaud, historienne spécialiste de l’histoire des femmes, professeur émérite de l’université d’Avignon et co-directrice de la revue Clio (Femmes, genre et histoire).

Sur le thème « La Grande Guerre des femmes » l’historienne a déroulé, une heure trente durant, quelques points essentiels à la compréhension de ce conflit, à travers affiches, cartes postales, lettres, articles de presse, etc.
Mobilisation, épreuves subies, engagements patriotiques et pacifistes, effets de la guerre et place des femmes dans la société, guerre comme facteur d’émancipation ont été abordés par l’auteure de « Les Femmes au temps de la guerre de 14 », ouvrage désormais disponible en édition de poche (Petite Bibliothèque Payot).

Des Françaises sans droits ?

A l’aune des dernières recherches historiques et des centaines de travaux publiés en cette période de centenaire, Françoise Thébaud souhaite « ébranler ou nuancer des affirmations » telles que « La guerre a mis les Françaises au travail » ou encore « la guerre a émancipé les femmes »… A voir. Si, en effet, question travail, les paysannes et les boutiquières ont du rapidement suppléer les hommes mobilisés, puis travaillé durement dans les usines de guerre, elles n’ont pas pour autant acquis de droits supplémentaires. Et à la fin du conflit, des revendications féministes portées depuis longtemps comme le droit de vote n’ont pas plus abouti.
« Ce que la société française leur a alors demandé, commente l’historienne, c’est de faire des enfants et repeupler le pays. »
Il faut donc distinguer mutations réelles et mutations législatives. « Le seul acquis, poursuit-elle, c’est ce décret qui invite les lycées de jeunes filles à ouvrir des classes préparatoires au baccalauréat. »

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