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Quand les femmes se lancent

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Monter son entreprise n’est pas une mince affaire. Surtout quand on est une femme, semble-t-il. Entre réticences des banques et moqueries, le chemin est parfois long mais le résultat est toujours source de réjouissance. Récits.

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– Emmanuelle Leperlier : “Je m’épanouis tous les jours”

En 2010, Emmanuelle Leperlier ne se sent pas l’âme d’une cheffe d’entreprise. “Je viens de la fonction publique. Cela n’a pas grand-chose à voir…”, glisse-t-elle. Si elle se lance dans l’aventure de la vente à domicile de produits de soins et de compléments alimentaires, c’est surtout pour que la société ne ferme pas ses portes. “Avec le départ de l’ancienne conseillère, ce qui se serait passé si personne n’avait pris le flambeau. Nos produits à base de plantes médicinales plaisaient déjà beaucoup à notre clientèle. Je voulais que la marque continue à être distribuée ici”, précise-t-elle. Et Emmanuelle Leperlier d’expliquer que les premiers temps ne sont pas faciles. “Quand on est une femme, les gens se méfient”, assure-t-elle. Entre la banque qui rechigne à lui accorder un découvert et ceux qui remettent en doute ses compétences, elle est passée par des moments de doutes. Même son mari, qui dirigeait l’entreprise avant elle, se montre un brin méfiant, dit-elle. Emmanuelle Leperlier s’accroche. “Notre fournisseur basé en Suisse nous accordait sa confiance, nos clients aimaient nos produits. Moi, je voulais montrer que j’étais capable d’y arriver !”, confie-t-elle. Quatre années plus tard, Emmanuelle Leperlier ne regrette absolument pas d’avoir sauté le pas. Aujourd’hui, même si elle n’augmente pas son chiffre d’affaires, elle maintient son activité, permet à une quarantaine de personnes d’avoir un salaire. Trois de ses salariés et elle-même ont même été primées par la maison mère. “Même si je connais des moments plus difficiles que d’autres, je garde le moral. Je m’épanouis tous les jours”, conclut Emmanuelle Leperlier.

– Alexandra Jarwoski  de Cartonsens : “J’ai le sentiment qu’on ne nous prend pas au sérieux”

Alexandra Jarwoski a toujours évolué dans le domaine de l’art. Titulaire d’un brevet technique en Art et Architecture, elle a été commerciale avant de se lancer dans la fabrication de meubles en carton recouverts de filtres à café. “J’étais au chômage et je cherchais un moyen de fabriquer des meubles à moindre coût. Pour moi dans un premier temps puis pour les autres”, explique-t-elle. C’est ainsi que Cartonsens Péï voit le jour. Aux chaises et autres étagères s’ajoutent une gamme de bijoux et d’accessoires réalisés à partir de filtres à café et de tissus recyclés. Des objets colorés dont la fabrication écolo séduit de plus en plus de personnes. Un pari qui n’était pas gagné d’avance. “Le carton et le filtre à café bloquaient les gens qui pensaient que mes produits n’étaient pas solides dans le temps”, reprend Alexandra Jarwoski pour qui être une femme dans le milieu de l’entreprenariat représente un avantage et un inconvénient. “J’ai le sentiment qu’on ne nous prend pas trop en sérieux”, déplore-t-elle. Et d’ajouter en souriant : “Certains pensent qu’il n’y a qu’une femme pour inventer des choses comme des bijoux ou des meubles”. D’autres apprécient son travail à sa juste valeur. La preuve, Alexandra Jarwoski a reçu le 2ème prix du concours des Arts et Métiers en 2012.

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