Camp Liberty

Rencontre d’un agent du Vevak des mollahs avec Martin Kobler sur le sort des Achrafiens

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koblerLaisser le régime iranien s’immiscer dans le dossier des habitants d’Achraf et de Liberty et un délit passible de poursuites judiciaires  

Les recherches communes du Pentagone et du Congrès des Etats-Unis sur le ministère du renseignement des mollahs en Iran (Vevak) et trois de ses agents – les frères Abrahim Khodanbandeh et Massoud Khodabandeh et la femme de ce dernier Ann Singleton – rappellent que ces deux frères avaient été membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (Ompi) mais qu’ « en 1996 Massoud Khodanbandeh a décidé de quitter l’organisation.

Puis il a épousé Ann Singleton et peu après son mariage, le Vevak a menacé de confisquer la grande fortune de la mère de Khodabandeh à Téhéran s’ils refusaient de collaborer avec le régime. Singleton et Khodabandeh ont alors accepté de travailler pour le Vevak en espionnant l’Ompi. En 2002, Singleton a rencontré à Téhéran des agents de renseignement intéressés par son passé (…) elle a suivi les enseignements et les formations du Vevak et à son retour en Grande-Bretagne en hiver 2002, elle a ouvert le site Iran-Interlink (…) En 2004 Singleton a rencontré son beau-frère, du nom de Abrahim Khodabandeh qui avait été arrêté en Syrie et transféré en Iran. Finalement, le Vevak a aussi contraint Abrahim à collaborer. »

Les recherches du Pentagone et du Congrès soulignent : « Le gouvernement iranien considère l’Ompi comme l’organisation qui représente pour lui la plus grande menace. Une des responsabilités majeures du Vevak, c’est de mener des séries d’opérations clandestines contre l’Ompi, des opérations de reconnaissance et d’en éliminer les membres. »

Abrahim Khodabandeh est ce même agent dont l’agence officielle Isna avait repris les propos : « J’ai rencontré Kobler, le représentant de l’ONU en Irak, et il a déclaré qu’au camp Liberty ils avaient parlé avec une centaine de membres de l’Ompi pour leur demander s’ils voulaient quitter l’organisation. Ces gens ont dit qu’ils ne voulaient pas partir et qu’ils voulaient rester dans l’organisation. Je lui ai demandé s’il était sûr que les personnes avec lesquelles ils avaient parlées savaient ce que signifiaient quitter l’organisation ? Pour quelqu’un qui a passé 20 ans à Achraf, quelle idée peut-il avoir de ce qui est en dehors de l’organisation et quelqu’un à qui on a donné une image infernale de ce qui existe hors de l’organisation, il est évident qu’il ne la quittera pas au bout de 10 mn de discussion. »

Cet entretien de Martin Kobler avec un agent du Vevak sur le sort de réfugiés iraniens est un délit ainsi qu’une violation fragrante de la juridiction des réfugiés. C’est passible de poursuites judiciaires.

La Résistance iranienne a par le passé plusieurs fois averti Kobler que laisser le régime iranien s’immiscer dans le sort des Achrafiens, comme le 7 mai 2012 lors de son voyage à Téhéran, était « une violation flagrante de nombreux pactes et lois internationaux.

Le 11 mai, le secrétariat du CNRI avait déclaré que des agents du Vevak « ont rencontré le 8 mai, sous le couvert de l’association Nejat, M. Kobler, à l’hôtel Laleh de Téhéran pour lui demander de livrer un groupe d’Achrafiens au régime des mollahs (…)  Le représentant spécial de l’ONU a aussi rencontré des agents du Vevak sous couvert de familles des habitants d’Achraf et des représentants de la Croix-Rouge internationale à Téhéran, pour discuter de la question des familles des habitants d’Achraf et de Liberty. »

Le 24 avril 2012 déjà, le conseiller de Maliki à la sécurité national, avait déclaré à la télévision officielle Al-Iraqia, à son retour de Téhéran et sa rencontre avec Soleimani, chef de la force terroriste Qods : « M. Martin Kobler a eu des discussions poussées avec les parties irakiennes et iraniennes, par le biais de l’ambassade d’Iran ou d’autres canaux de communication avec la partie iranienne pour trouver les moyens nécessaires à la mise en œuvre de l’accord qu’il a conclu avec l’Irak visant à fermer le camp d’Achraf et à mettre fin à la présence de l’Ompi sur le territoire irakien cette année. Il a été discuté des mécanismes et du rôle de l’Iran dans ce qui doit être fait pour régler ce problème.

De plus le 7 octobre, l’ambassadeur des mollahs iraniens à Bagdad, Dana’ifar, figurant également au nombre des commandants de la force Qods, a déclaré à la télévision officielle irakienne : « J’ai rencontré aujourd’hui M. Kobler, représentant de l’ONU qui est chargé de ce dossier à Bagdad et nous avons eu un long entretien à ce sujet et je lui ai fait part de nos attentes ». L’ambassadeur des mollahs avait également fait part d’entretiens similaires les 22 et 24 janviers 2012.

Un ancien haut responsable de la MANUI avait déclaré dans une audition à la Chambre des Représentants des Etats-Unis le 13 septembre, sous le sceau du serment : « Je confirme ici devant vous que la MANUI n’a aucune indépendance, que chaque question concernant Achraf est décidée au cabinet du premier ministre et parfois à l’ambassade d’Iran à Bagdad. »

Le Comité international pour l’application de la justice (ISJ) avait écrit à ce sujet le 19 octobre 2012 au Secrétaire général de l’ONU : « Discuter avec le régime iranien des membres de l’opposition (…) est en soi un délit. » Il avait ajouté : « Les relations du RSSG avec les représentants du régime iranien concernant l’opposition iranienne auront des conséquences dévastatrices en matière de sécurité et ouvrira la voie à un troisième massacre des résidents qui auront des implications judiciaires pour l’ONU et le RSSG. »

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