ActualitésFemmes

Selon un rapport, toutes les femmes ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports

Posted
Le HCEHF a remis jeudi 16 avril un rapport au gouvernement pour lutter contre le harcèlement de rue.
Le HCEHF a remis jeudi 16 avril un rapport au gouvernement pour lutter contre le harcèlement de rue.

Des regards insistants, un sifflement, voire carrément une main aux fesses… Les comportements sexistes sont devenus le lot quotidien de nombreuses femmes, qui ont appris à ne pas porter de shorts ou de talons quand elles prennent le métro. Dans un rapport remis au gouvernement français ce jeudi 16 avril, le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCEHF) révèle que 100% des utilisatrices interrogées affirment avoir déjà été « victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou agressions sexuelles » dans les transports en commun.

Jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende pour une main aux fesses

En pleine semaine internationale de lutte contre le harcèlement de rue, HCEHF propose une définition du harcèlement sexiste dans l’espace public, afin d’éviter toute confusion avec la drague, parfois maladroite : « le harcèlement sexiste se caractérise par le fait d’imposer tout propos ou comportement en raison du sexe (…) qui a pour objet ou pour effet de créer une situation intimidante, humiliante, dégradante ou offensante. (…) Le harcèlement sexiste peut prendre des formes diverses comme des sifflements, des commentaires sur le physique, des injures ».

Dans un entretien à 20 minutes, la coprésidente de la commission « Violences de genre » du HCEHF, Ernestine Ronai, explique que les femmes ne sont pas toujours conscientes d’avoir été victimes de harcèlement. D’autant plus lorsque ces comportements déplacés deviennent habituels. Or dans la plupart des cas, les gestes et les faits commis par harceleurs tombent sous le coup de la loi. Une main aux fesses est une agression sexuelle passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende, rappelle Ernestine Ronai.

Victimes dès l’adolescence

Le HCEFH établit dans son rapport que pour 50% des victimes, la première agression a lieu à l’adolescence, lorsqu’elles sont encore mineures. « Ce continuum de violences (…) survenant dès le plus jeune âge et de façon quasi quotidienne concourent à créer un sentiment d’insécurité chez les femmes » pointent les auteurs du rapport. Contre toute attente, la plupart des violences sexistes et sexuelles n’ont pas lieu en pleine nuit, mais dans les bus et les cars scolaires, entre 8 h et 20 h.

Dans le rapport remis à la Secrétaire d’Etat chargée du droit des femmes, Pascale Boistard, le HCEHF émet des recommandations dans le cadre du plan d’action contre le harcèlement dans les transports qui doit être dévoilé en juin prochain. Ce dernier devrait comprendre une vaste campagne d’affichage dans les transports. Le Haut Conseil préconise pour sa part une quantification précise du phénomène, car les études se concentrent en général sur les violences les plus graves. Il appelle également à une prise de conscience des victimes, des harceleurs et des témoins présents au moment des faits.

Pour le HCEHF, les pouvoirs publics doivent prendre les relais des associations qui luttent contre le sexisme, comme le collectif Stop harcèlement de rue, qui a lancé cette semaine une campagne de dénonciation des comportements sexistes dans les transports en commun en parodiant une affiche de la RATP.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *