Camp Liberty

Tahar Boumedra: Par définition, le camp Liberty est un camp de réfugié

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Taher bomedra 2La chaine satellite d’opposition iranienne Sima-ye-Azadi (le visage de la liberté) a mené un entretien exclusif le 13 décembre avec Tahar Boumedra, ancien conseiller spécial pour le camp d’Achraf du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Irak, concernant la situation actuelle des résidents d’Achraf et de Liberty et le rôle de l’ONU sur cette question.

Que pensez-vous de ce que vous avez vécu et de ce dont vous avez été témoin à Achraf ?

Comme vous le savez, j’ai été avec les Achrafiens pendant plus de trois ans. J’interagissais avec eux à différentes occasions, aussi bien dans des circonstances extrêmement difficiles que dans des atmosphères détendues parfois. Ils sont extrêmement aimables et très honnêtes dans ce qu’ils font, et ils sont sincères, ce sont des personnes très sincères. Beaucoup d’histoires circulaient ça et là et j’ai toujours écouté de manière très impartiale les histoires provenant des deux bords et les histoires qui provenaient des Achrafiens ont toujours été celles qui étaient vraies. C’est mon expérience.

Vous avez déposé un témoignage devant le Congrès américain sur la question d’Achraf et le rôle de l’ONU. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agissait ?

Mon témoignage s’inscrit dans l’esprit de la Charte de l’ONU. La Charte de l’ONU est là pour protéger les personnes, pas les gouvernements. Malheureusement, dans l’expérience que j’ai vécue en Irak, la mission de l’ONU était là pour aider et soutenir le gouvernement irakien et le gouvernement iranien à réprimer les Achrafiens et à rendre leur vie impossible en les privant de leurs droits fondamentaux. Et c’est dans ce contexte que j’ai dû choisir entre les pratiques de la MANUI et les fondamentaux de la Charte de l’ONU. Bien entendu, j’ai choisi les principes et les valeurs de la Charte de l’ONU.

Vous vous êtes rendu au camp Liberty au moment où Martin Kobler affirmait qu’il répondait aux normes internationales. Pensez-vous que ce camp réponde aux conditions nécessaires ?

J’ai été la première personne à me rendre au camp Liberty, et je m’y rendais presque chaque semaine pour évaluer la situation. Nous avons évalué la situation. Il y avait différents points de vue quant à savoir si cet endroit accueillerait de manière décente les Achrafiens ou non. Si cet endroit conserverait la dignité des Achrafiens. Et j’ai personnellement informé tout le monde que cet endroit n’était pas prêt à accueillir 3400 personnes de façon décente en préservant leur dignité. Par conséquent, cela a été rapporté, mais malheureusement, ce qui ressort véritablement de Bagdad ne représente pas nécessairement la situation sur le terrain ni mes rapports.

Les résidents d’Achraf et de Liberty demandent que le camp Liberty soit reconnu comme camp de réfugié. Qu’en pensez-vous ?

Cela va sans dire que si le camp est habité par des réfugiés, par définition c’est un camp de réfugiés. Et si l’ONU traîne les pieds à le reconnaître comme un camp de réfugiés, c’est par complaisance avec le gouvernement de l’Irak.

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