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Un été sans répit pour les femmes en Iran

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Les exécutions de femmes en Iran

execution-en-iranFin août, le nombre d’exécutions de femmes sous le mandat de Rohani a atteint le nombre de 19. Le jeudi 7 août, une détenue a été pendue à la prison centrale de Kermanchah (ouest de l’Iran) dans une exécution collective. Le 9 août, une mère a été exécutée avec son fils, et 5 autres prisonniers à la prison centrale de Zahedan (sud-est de l’Iran). Une détenue a également été exécutée avec d’autres condamnés le 23 août à la prison centrale de Zahedan. Une femme a aussi été pendue dans la matinée du 27 août dans la cour de la prison Chahab à Kerman dans le sud de l’Iran.

Les condamnations à mort de femmes en Iran

D’autres femmes sont dans le couloir de la mort de la dictature des mollahs. Maryam en est un exemple. Elle a été forcée de se marier à l’âge de 15 ans, elle était sévèrement battue par son mari, ce qui a conduit à leur divorce. Mais à nouveau, sa famille a insisté pour qu’elle contracte un second mariage, lequel a également conduit à des violences perpétuelles qui ont abouti à la mort de l’époux. Maryam a été condamnée à mort. La Cour suprême du pays a suspendu temporairement son exécution parce qu’elle était mineure à l’époque de l’homicide. Toutefois, le tribunal a prononcé à nouveau une peine de mort contre elle.

Javad Larijani, président du soi-disant centre des droits de l’homme du système judiciaire des mollahs, théoricien de la torture et de la lapidation, a défendu le mois dernier le bilan du régime dans ce domaine : « Nous somme fiers de ce système judiciaire. Nous défendons le Talion et même la lapidation. » Ces propos n’avaient pas seulement pour but de créer un climat de peur. Ils ont été mis en œuvre avec deux lapidations atroces dans la ville d’Iranchahr, le mois dernier. Un groupe de femmes de cette ville a protesté contre la peine de lapidation prononcée contre une dénommée Zohreh Baranzehi, le 14 août 2014. Le rassemblement s’est tenu devant le parquet et les manifestantes ont exigé la révocation de cette décision inhumaine.

Les arrestations politiques de femmes

Amnesty International a critiqué la détention de journalistes le mois dernier en Iran, appelant les responsables iraniens à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes arrêtées et détenues pour avoir pratiqué pacifiquement leur liberté d’expression, d’association et de réunion. L’appel a été publié après l’arrestation d’un journaliste irano-américain et de sa femme.

L’internaute, Zahra Kaabi, a été arrêtée avec six autres personnes à Machad, le 27 juillet 2014.Nous ne disposons à ce jour d’aucune informations sur leur lieu de détention. Les agents avaient opéré un raid au domicile des membres de l’organisation du droit et de la justice, à Karadj le 9 avril 2014, les frappant sévèrement avant d’arrêter tous ceux qui s’y trouvaient.

Somayeh Khalili et Mahine Sayar Sharabi faisaient partie des personnes arrêtées. Ces deux femmes ont été interrogées pendant 120 jours, placées en isolement dans le quartier 8 de la prison de Gohardacht en banlieue de Téhéran. Les interrogatoires ont été menés sous la torture, dans la provocation, dans l’humiliation, en les laissant nues, en les passant à tabac et en les couvrant d’insultes.

Les arrestations sociales en Iran

Les forces répressives ont lancé un nouveau cycle de répression brutale et des mesures humiliantes contre les femmes ces jours-ci, procédant à des arrestations pour des délits montés de toutes pièces, notamment vestimentaires. Le 4 août 2014, une patrouille des mœurs a arrêté une jeune femme parce qu’elle avait soulevé son foulard en public. Ils l’ont emmené en dépit des vives protestations des passants. Cela se produit chaque jour dans le métro et d’autres lieux publics. Le 19 août, les agents ont attaqué un quartier de Téhéran et ont arrêté une trentaine de jeunes, hommes et femmes accusés de troubler l’ordre public.

Les peines d’emprisonnement

Les peines de prison injustes et les pressions imposées aux femmes ont continué ce mois-ci. Le sort de Mme Afsaneh Bayazidi, une étudiante kurde arrêtée le 26 juin, reste inconnu. Des agents des renseignements ont insulté sa mère âgée de 65 ans, qui a attendu pendant cinq heures devant leur bureau en exigeant de voir sa fille.

Zahra Zehtabchi, une chercheur spécialiste en sociologie et sciences sociales, reste soumise à une pression psychologique et physique extrême, placée en isolement dans le quartier 209 de la prison d’Evine, dix mois après son arrestation. Elle reste soumise à des interrogatoires tandis que les charges qui pèsent contre elle ne sont pas claires.

Fatemeh Rabbani, arrêtée en septembre 2013, pour avoir distribué quelques photos et déclarations des martyrs de l’OMPI, a été placée en isolement pendant neuf mois. Quand sa mère a demandé pourquoi elle était en isolement, les autorités ont répondu : « Nous n’avons personne pour rester avec elle ; si vous voulez, nous pouvons envoyer un homme ».

Golnaz Khoch-Ahang a été arrêtée à Makou, dans le nord-ouest de l’Iran, et transférée à la prison centrale d’Oroumieh, il y a deux mois avec cinq autres Kurdes. Elle a été placée en isolement.

Fatemeh Mothana, une prisonnière politique des années 1980, a été arrêtée avec son mari, Hassan Sadeghi en février 2013. Elle a été condamnée à 15 ans de prison pour avoir participé à une cérémonie de commémoration d’Hassan Sadeghi, un habitant du camp Liberty en Irak, qui a perdu la vie en raison du blocus médical qui frappe ce camp de réfugiés iraniens.

De simples protestations sociales peuvent également conduire à des peines de prison de longue durée pour les femmes. Une des femmes arrêtées pour avoir rejoint le stade Azadi où il est interdit pour les femmes d’assister à des matchs, est toujours en détention au bout de 58 jours.

La répression des femmes en Iran

Le système judiciaire en Iran s’efforce de faire adopter une loi pour réprimer les femmes dans le cadre bien connu de la « promotion de la vertu et de la prévention du vice ». Les responsables ont commencé à exprimer leurs points de vue répugnants sur les femmes et le type de hijab qu’elles doivent porter. Des agents féminins des forces de sécurité à ce ont été embauchées pour interpeller et malmener les femmes dans les rues.

Fahimeh Farahmandpour, conseillère du ministre de l’Intérieur pour les femmes et les affaires familiales, a déclaré : « Aujourd’hui, en tant que responsable des femmes et des affaires familiales dans le pays, j’exprime mes inquiétudes vis-à-vis d’une société où les filles grandissent fortes et courageuses ; nous devons nous préoccuper de l’avenir d’une société où les filles portent des chaussures de sport et se promènent dans des vêtements informels ».

On se souvient également de ce gardien à Chahr-e-Ray, ville au sud de Téhéran, chargé de transférer les détenues au tribunal ou en prison, et qui les violait sous des prétextes divers. Cependant, c’est dans un système où les femmes sont systématiquement réprimées qu’un homme reconnu coupable d’un tel crime est libéré sous caution et qu’il reprendra très probablement son ancien poste.

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