ActualitésFemmes

Une femme élue à la tête du principal parti d’opposition japonais

Posted

158566-japan-politicsL’élection de Renho Murata à la tête du premier parti d’opposition est le nouveau signe d’un très timide changement d’attitude dans un marché du travail encore largement masculin.

Renho Murata, une sénatrice de 48 ans d’origine taïwanaise, sera la première élue à diriger la principale force d’opposition du pays

L’arrivée de femmes à ces postes à haute responsabilité constitue une petite avancée pour la représentation des femmes dans le monde du travail. «Le Japon est en train de doucement changer, note Mana Shimaoka, membre du parti féministe Obachan. Le gouvernement a promu une loi pour que 30% des postes de dirigeants soient occupés par des femmes d’ici à 2020 et c’est finalement très utile pour les grandes entreprises et les grandes administrations.»

Lors de sa campagne pour la présidence du Parti démocrate, Renho Murata a porté ces combats. «Les femmes doivent lutter contre de nombreuses pressions invisibles pour obtenir une longueur d’avance, déclarait la candidate le 2 septembre. Je peux sembler forte, mais je suis en fait faible et timide. Mais en brisant le plafond de verre moi-même, j’espère que les femmes, aux côtés des hommes qui les soutiennent, seront encouragées à travailler pour faire  du Japon un endroit moins étouffant à vivre.»

Née d’un père taïwanais et d’une mère japonaise, elle a affronté des moments tumultueux dans les derniers jours de la campagne. Il est apparu qu’elle avait omis de renoncer à sa citoyenneté taïwanaise. Une omission-négligence mal vue car, au Japon, la double nationalité n’est pas autorisée.

Aujourd’hui, Renho, selon son nom d’usage, appelle à de plus grands investissements dans l’éducation et les services à la personne, notamment pour les frais de garde d’enfant et de meilleurs salaires pour les employés des crèches et les enseignants.

renho-murata1Le rôle des femmes au japon

Professeure de sciences politiques à l’université Sophia de Tokyo, Mari Miura reconnaît qu’«Abe a changé l’atmosphère. Maintenant, l’emploi des femmes est abordé comme une question économique, et pas seulement sociale

Une «culture profondément enracinée et centrée sur des valeurs masculines» reste le «plus grand obstacle» à l’égalité des sexes, affirmait Shinzo Abe, lundi, en s’adressant aux forces d’autodéfense japonaise (SDF). Le Premier ministre déplorait la faible présence de soldates dans les rangs des SDF où les femmes ne représentent que 5,9% du personnel militaire

Dans le secteur privé, si de grandes entreprises (Olympus, Panasonic, Shiseido, Lawson, etc.) ont fait de réels efforts ces trois dernières années pour promouvoir des femmes dans les fonctions d’encadrement, l’objectif des 30% que s’est fixé le gouvernement d’ici à 2020 ne seront pas atteints comme l’a reconnu Abe. En 2014, elles n’étaient que 9,2% à occuper des postes de manager dans le privé. «Le problème reste l’application de ces quotas, difficiles à atteindre dans les petites et moyennes entreprises», ajoute Mana Shimaoka du parti Obachan.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *